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Chapitre 8
Le Message de Fatima
Contre la Ligne du Parti
Quel a été l'effet général des changements soudains, et tout à fait spectaculaires dans l'Eglise qui ont commencé surtout au 20e siècle? Comme l'ont remarqué les écrivains catholiques, ce qu'ont vécu les Catholiques ces 40 dernières années représente une sorte de «Stalinisation de l'Eglise Catholique Romaine» qui affiche une étrange ressemblance avec ce qui fut désigné à l'époque par «l'Adaptation» de l'Orthodoxie russe aux exigences du régime stalinien.
La subversion de l'Eglise Orthodoxe par Staline est certainement parmi les événements de Russie prévus par la Vierge de Fatima. C'est précisément pourquoi Elle est venue demander la Consécration de la Russie à Son Cœur Immaculé, pour que la Russie embrasse la seule vraie religion et la seule véritable Eglise, non pas l'Eglise Orthodoxe Schismatique qui fut fondée par rébellion humaine contre Rome quand elle se sépara du Corps Mystique du Christ il y a plus de 500 ans, et fut ainsi constitutionnellement incapable d'éviter sa totale Adaptation au Stalinisme.
L'Adaptation Orthodoxe a officiellement commencé lors de la publication, par le Métropolite Sergius de l'Eglise Orthodoxe Russe d'un «Appel» dans Isvestia du 19 août 1927. L'Appel de Sergius, comme on l'a désigné, établit une nouvelle base de départ pour la sphère d'action de l'Eglise Orthodoxe de Russie. Le laïque russe Boris Talantov l'a présenté comme «une Adaptation à la réalité athée de l'URSS.» En d'autres termes, l'église dut trouver un moyen de vivre, tel est l'argument donné, avec la «réalité athée» de la Russie stalinienne. Donc Sergius a fait une proposition, connue en bref par la suite, sous le terme Adaptation.
L'Adaptation consistait d'abord et avant tout en une fausse séparation entre les prétendus besoins spirituels de l'homme, les besoins purement religieux de l'homme, et ses besoins socio-politiques. En d'autres termes, une séparation de l'Eglise et de l'Etat. L'église devait satisfaire les besoins purement religieux des citoyens de l'Union Soviétique mais sans toucher aux structures socio-politiques qui avaient été érigées par le Parti Communiste.
L'Adaptation exigea une nouvelle administration de l'église de Russie selon les directives qui furent établies après la publication de l'appel de Sergius. Au fond, cela se limitait à se mettre d'accord pour ne pas critiquer l'idéologie officielle de l'Union Soviétique sous Staline. Et ceci se refléterait dans l'ensemble des activités de l'église. Toute opposition de la part de l'Eglise Orthodoxe de Russie au Régime Soviétique serait désormais considérée comme une déviation de l'action purement religieuse et comme une forme de contre-révolution qui n'était plus autorisée ni approuvée.
Effectivement, l'Eglise Orthodoxe, par son silence, devint une arme de l'Etat Soviétique. En fait, Sergius continuerait à défendre cette trahison et même à demander la condamnation et les sentences pour les camps de concentration à l'égard de ses propres co-religionnaires, pour des activités prétendues contre-révolutionnaires. Talantov, qui condamna l'Adaptation dans son ensemble, en a parlé ainsi: «En réalité, toute l'activité religieuse se réduisit à des rites extérieurs. La prédication à l'église de ce clergé qui s'en tenait strictement à l'Adaptation, était totalement éloignée de la vie et par conséquent n'avait aucune influence quelconque sur les auditeurs. En conséquence, la vie intellectuelle, sociale et familiale des croyants, et l'éducation de la jeune génération, restait hors de l'influence de l'église. On ne peut adorer le Christ, et en même temps, dans la vie sociale et familiale, dire des mensonges, faire ce qui est injuste, pratiquer la violence et rêver d'un Ciel terrestre1.»
Donc, voici ce qu'impliquait l'Adaptation; l'église se tairait sur les maux du régime stalinien. Elle deviendrait une communauté purement «spirituelle» «dans l'abstrait», ne prononcerait plus d'opposition au régime, ne condamnerait plus les erreurs et les mensonges du communisme, et deviendrait ainsi l'Eglise du Silence, comme fut souvent désignée la Chrétienté derrière le Rideau de Fer.
L'Appel de Sergius causa une fissure dans l'Eglise Orthodoxe de Russie. Les vrais croyants qui rejetèrent l'Adaptation, qui dénoncèrent l'Appel et qui restèrent attachés au Métropolite Joseph plutôt qu'à Sergius, furent arrêtés et envoyés en camps de concentration. Boris Talantov lui-même mourrait finalement en prison, comme prisonnier politique du régime stalinien. En même temps, l'Eglise du Silence fut, effectivement, transformée en organe du KGB. Staline décima l'Eglise Orthodoxe de Russie; tous les vrais croyants orthodoxes furent envoyés en camps de concentration ou exécutés et remplacés par des agents du KGB.
Peu avant sa mort en août 1967, Talantov écrivit ce qui suit à propos de l'Adaptation:
L'Adaptation à l'athéisme implantée par le Métropolite Sergius a conclu (a été achevée par) la trahison de l'Eglise Orthodoxe de Russie de la part du Métropolite Nikodim et autres représentants officiels du Patriarche de Moscou basés à l'étranger. Cette trahison prouvée irréfutablement par les documents cités doit être publiée à tous les croyants en Russie et à l'étranger, parce qu'une telle activité du Patriarcat, reposant sur la collaboration avec le KGB, représente un grand danger pour tous les croyants. En vérité, les chefs athées du peuple russe et les princes de l'Eglise se sont unis contre le Seigneur et Son Eglise2.
Ici Talantov fait allusion au même Métropolite Nikodim qui a fait entrer le Vatican dans l'Accord Vatican-Moscou, sous lequel (comme nous l'avons montré au chapitre 6) l'Eglise Catholique fut contrainte de se taire sur le Communisme au Concile Vatican II. Ainsi, le même prélat orthodoxe qui a trahi l'Eglise Orthodoxe a servi d'agent dans un accord qui trahit aussi l'Eglise Catholique. Au Concile Vatican II, certains ecclésiastiques catholiques, en coopération avec Nikodim ont été d'accord pour dire que l'Eglise Catholique, également, deviendrait une Eglise du Silence.
Et depuis le Concile, indiscutablement, l'Eglise Catholique est tombée dans le silence, non seulement quant aux erreurs du Communisme — que l'Eglise a presque complètement cessé de condamner, même en Chine Rouge, qui persécute violemment l'Eglise — mais aussi quant aux erreurs du monde en général. Nous rappelons que, dans son discours d'ouverture au Concile, le Pape Jean a reconnu sans aucune gêne que le Concile (et la plupart de l'Eglise après lui) ne condamnerait plus d'erreurs mais s'ouvrirait au monde avec une présentation «positive» de Son enseignement aux «hommes de bonne volonté.» Ce qui suivit, comme l'a reconnu Paul VI lui-même, ce ne fut pas la conversion espérée des «hommes de bonne volonté», mais ce que Paul VI lui-même a appelé «une véritable invasion de l'Eglise par la pensée du monde.» En d'autres termes, dans la mesure du possible pour l'Eglise Catholique (qui ne peut jamais complètement faillir à Sa Mission), il y a eu une sorte d'Adaptation à la Sergius du Catholicisme romain.
Or, en relation avec cette Adaptation de l'Eglise Catholique, vers l'an 2000, le Message de Fatima avait été solidement soumis aux exigences de la nouvelle orientation. Il avait déjà été décidé par certains membres de l'organe du Vatican que la Russie ne devait être mentionnée dans aucune cérémonie de consécration que pourrait entreprendre le Pape en réponse aux requêtes de la Vierge. Dans le numéro de novembre 2000 de A l'intérieur du Vatican, un Cardinal de premier plan, identifié seulement comme «l'un des conseillers les plus intimes du Pape» est cité pour avoir laissé entendre les craintes de Rome: «La Russie Orthodoxe pourrait considérer comme un ‘délit’ une mention spéciale de la Russie par Rome dans une telle prière, comme si la Russie spécialement avait besoin d'une aide alors que le monde entier, y compris l'Occident post-chrétien, fait face à de sérieux problèmes ...» Le même Cardinal-conseiller ajoutait: «Gardons-nous d'avoir l'esprit trop au pied de la lettre.»
En d'autres termes, «Rome» — c'est à dire quelques membres du Vatican qui conseillent le Pape — a décidé de ne pas honorer la requête spécifique de Notre-Dame de Fatima par crainte d'offenser la Russie Orthodoxe. «Rome» ne souhaite pas donner l'impression que la Russie soit convertie à la Foi Catholique par sa Consécration au Cœur Immaculé de Marie, car ce serait tout à fait contraire au nouveau «dialogue œcuménique» lancé par Vatican II. La consécration et la conversion de la Russie demandée par la Mère de Dieu serait aussi contraire à l'accord diplomatique du Vatican (dans la Déclaration de Balamand en 1993) selon lequel le retour des Orthodoxes à Rome est «une ecclésiologie périmée» — déclaration qui contredit carrément — nous l'avons montré — le dogme catholique infailliblement défini affirmant que les hérétiques et les schismatiques ne peuvent être sauvés hors de l'Eglise Catholique. Par rapport à cette rupture éclatante avec l'enseignement Catholique, l'administrateur apostolique du Vatican pour la Russie, l'Archevêque Tadeusz Kondrusiewicz, a déclaré publiquement en janvier 1998: «Le Concile Vatican II a déclaré que l'Eglise Orthodoxe est notre Eglise Sœur et possède les mêmes moyens de salut. Donc, il n'y a pas de raison d'avoir une politique de prosélytisme3.»
Etant donné cet abandon de facto de l'enseignement constant de l'Eglise selon lequel les hérétiques, les schismatiques, les Juifs et les païens doivent s'agréger au troupeau catholique s'ils doivent être sauvés, une Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie pour obtenir la conversion de la Russie serait, bien sûr, hors de propos — au moins dans la mesure où sont concernés ceux qui font avancer la nouvelle orientation de l'Eglise.
Ainsi le 13 mai 1982 et de nouveau le 25 mars 1984, le Pape avait consacré le monde au Cœur Immaculé, mais sans mention de la Russie. En aucun cas les évêques du monde n'avaient participé. Donc aucune des deux conditions requises, attestées par Sœur Lucie toute sa vie, n'avait été remplie. Le reconnaissant clairement, le Pape lui-même avait fait des remarques révélatrices pendant et après la cérémonie de 1984. Pendant la cérémonie, devant 250 000 personnes sur la Place Saint-Pierre, il ajouta spontanément au texte préparé ce qui suit: «Eclairez spécialement les peuples dont Vous attendez Vous-Même notre Consécration et acte d'offrande»4. Des heures après la cérémonie, comme le rapporte le journal des évêques Catholiques d'Italie Avvenire, le Saint-Père priait à l'intérieur de Saint-Pierre, devant 10 000 témoins, demandant à Notre-Dame de bénir «ces peuples pour qui Vous attendez Vous-Même notre Acte de Consécration et d'offrande5.» Peu après cet acte de consécration, le Pape expliqua à Monsigneur Paul Josef Cordes, vice-président du Conseil Pontifical pour des Laïcs, pour quelle raison il n'avait pas accompli la Consécration de la Russie, parce qu'il craignait «que ses paroles soient interprétées comme une provocation par les dirigeants soviétiques6.»
L'Emergence de la «Ligne du Parti»
à propos de Fatima
Mais les fidèles tout simplement n'ont pas voulu abandonner la Consécration de la Russie car il était évident que dans la période de 1984-2000, la Russie n'avait pas connu la conversion religieuse que la Vierge avait promise comme fruit d'une consécration particulière au Cœur Immaculé. Tout au contraire, malgré certains changements politiques, la condition matérielle, morale et spirituelle de la Russie n'avait fait que se détériorer depuis la «consécration» de 1984.
Que l'on examine ces preuves, qui ne fournissent qu'un aperçu de la gravité de la situation de la Russie en l'année 2000 (et cela n'a fait qu'empirer depuis lors comme nous allons voir):
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Quelque 16 ans après la «Consécration», la Russie a le taux d'avortement le plus élevé du monde. Le Père Daniel Maurer, CJD, qui a passé ces huit dernières années en Russie, dit que, statistiquement, la femme russe a, en moyenne, huit avortements dans sa période de fécondité — alors que le Père Maurer croit que le nombre réel est d'environ 12 avortements par femme. Il a parlé à des femmes qui ont eu jusqu'à 25 avortements. Une raison majeure de ces chiffres ahurissants, c'est que d'autres méthodes de contraception (qui sont immorales de toute façon) n'ont pas été introduites en Russie, et ne sont pas considérées comme fiables. L'avortement reste «le moyen le moins cher pour limiter la taille de la famille.» Actuellement en Russie les avortements sont gratuits, mais pas les naissances7.
- Le taux de natalité de la Russie est en baisse et la population de la Russie diminue à la cadence de 70 000 personnes chaque année — événement sans précédent pour une nation civilisée en «période de paix8.»
- La Russie détient le record de consommation d'alcool dans le monde9.
- Le satanisme, l'occultisme et la sorcellerie sont en hausse en Russie, comme le reconnaît même le Patriarche Orthodoxe de Russie, Alexis II10.
- L'homosexualité est déchaînée à Moscou et dans tout le pays. En fait, en avril 1993, neuf ans après la «Consécration» de 1984, Boris Eltsin avait libéralisé l'homosexualité qui est maintenant «légale» en Russie11.
- La Russie est un centre mondial de premier plan pour la distribution de pornographie pour les enfants. L'Associated Press a fait un reportage sur un réseau pornographique pour enfants basé à Moscou, lié à un autre réseau pornographique pour enfants au Texas. Pour citer l'AP «La loi russe ne fait pas de distinction entre pornographie pour enfants et pornographie impliquant des adultes et traite en crime mineur la production et la distribution des deux, dit Dimitry Chepchugov, chef du Ministère de l'Intérieur en Russie pour les crimes de haute technologie. La police russe se plaint souvent du chaos légal qui a transformé la Russie en un centre international de production de pornographie enfantine. “Malheureusement, la Russie est devenue une poubelle mondiale de pornographie enfantine,” a dit Chepchugov à des journalistes à Moscou12.»
- Les Russes regardent avec avidité une télévision «basée sur la réalité.» Pour les spectacles les plus ignobles «basés sur la réalité», les caméras filment la vie personnelle intime de «couples» russes, y compris leur activité sexuelle. En dépit des grognements de désapprobation des vieux communistes parmi les durs, les spectateurs russes «ne sont jamais rassasiés» de cette pornographie. L'émission «affiche un auditoire de plus de 50 % et des milliers de Russes ont enduré des températures au dessous de zéro et ont fait la queue plus d'une heure pour en avoir un coup d'œil par une fenêtre de l'appartement. Des millions se sont inscrits sur internet qui a fréquemment cédé sous le poids de la communication13.»
- Quant à la situation de l'Eglise Catholique, la Russie a mis en œuvre en 1997 une nouvelle loi sur «la liberté de conscience» qui a donné un statut privilégié à l'Orthodoxie russe, à l'Islam, au Judaïsme et au Bouddhisme comme «religions traditionnelles» de Russie, en exigeant au contraire que les paroisses catholiques obtiennent une approbation des bureaucrates locaux pour leur existence même. Résultat:
- Le minuscule sacerdoce Catholique en Russie, quelque 200 prêtres, se compose presque entièrement de clercs d'origine étrangère dont beaucoup ne reçoivent des visas d'entrée que pour trois mois, alors que les hommes d'affaires reçoivent des visas de six mois14.
- Il y a seulement dix prêtres d'origine russe dans tout le pays — cinq en Sibérie et cinq en Kazakhstan. Quatre-vingt-quinze pour cent des prêtres et des religieuses de Russie sont d'origine étrangère. Selon l'opinion franche de l'Archevêque Bukovsky, l'Eglise Catholique «est petite ... et sera toujours petite15.»
- Les Catholiques comprennent moins de un demi pour cent de la population russe et les Musulmans russes surpassent les Catholiques en nombre par plus de 10 à 1. Selon un reportage par Radio Europe Libre, en Russie le Catholicisme est considéré «comme une sorte d'excentricité inexplicable — pourquoi un Russe devrait-il être Catholique16?»
- Selon le Vatican, il y a 500 000 Catholiques en Russie et la plupart d'entre eux sont en Sibérie où Staline a envoyé leurs grands-parents17.
Etant donné ce genre de preuves, la question de savoir si la Consécration de la Russie avait été faite de la manière requise par Notre-Dame de Fatima n'allait pas simplement passer sous silence. Par conséquent, à partir de la perspective des exécutants de la nouvelle orientation de l'Eglise — l'Adaptation de l'Eglise au monde — il fallait faire quelque chose pour Fatima. Et en particulier, il fallait faire quelque chose pour un prêtre canadien du nom de Père Nicholas Gruner, dont l'Apostolat sur Fatima était devenu un point de repère pour des millions de Catholiques convaincus que la Consécration de la Russie avait été écartée par les plans de certains hommes du Vatican. Tout simplement, Fatima et le «Prêtre de Fatima» devaient être, une fois pour toutes, enterrés.
Ce processus commença dès 1988, lorsque, selon Frère François: «Adressé aux autorités de Fatima, à Sœur Lucie, et à divers ecclésiastiques dont l'abbé Messias Coelho et un prêtre français (sans doute le Père Pierre Caillon) très dévoué à Notre-Dame, demandant de cesser d'importuner le Saint-Père avec la Consécration de la Russie.» L'abbè Caillon, écrit: «Une consigne arriva de Rome, obligeant tout un chacun à dire et à penser: “La Consécration est faite. Le Pape ayant fait tout ce qu'il pouvait, le Ciel a daigné agréer son geste”18.» C'est vers cette période, 1988-1989, que beaucoup d'œuvres de Fatima, après avoir soutenu que la Consécration n'avait pas été faite, ont soudain fait marche arrière et déclaré que la Consécration de 1984 accomplissait les désirs du Ciel. Malheureusement, même le Père Caillon bientôt après changea son témoignage et se mit à dire que la Consécration de 1984 avait répondu aux exigences de la Vierge.
C'est aussi à ce moment là que commencèrent à circuler des lettres dactylographiées et passées à l'ordinateur, supposées émaner de Sœur Lucie. Typique des lettres manifestement non crédibles: celle datée du 8 novembre 1989, à un Monsieur Noelker, qui contient la déclaration par «Sœur Lucie» que le Pape Paul VI a consacré le monde au Cœur Immaculé de Marie au cours de sa brève visite à Fatima en 1967 — consécration qui n'a jamais eu lieu, comme Sœur Lucie le savait certainement en tant que témoin de toute la visite19.
C'est ainsi qu'émergea la Ligne du Parti sur Fatima. Que voulons-nous dire, au juste, par «la Ligne du Parti»? Vladimir Ilyich Lenin a dit une fois: «Le mensonge est sacré et la duperie sera notre arme principale.» Rien de surprenant donc que la Pravda, au temps où c'était l'organe officiel du Parti Communiste Soviétique, fût remplie de mensonges, même si le mot russe Pravda signifie «vérité». Un journal dont le nom est «vérité» fut toujours rempli de mensonges parce que Lénine disait «Le mensonge est sacré et la duperie sera notre arme principale.»
Or, un menteur ne convaincra personne de ses mensonges s'il porte sur la poitrine une grande affiche qui dit «Menteur!» Pas même un sot ne croirait un tel homme. Car pour qu'un menteur fasse croire que ses mensonges sont la vérité, il faut redéfinir la vérité. C'est ce que veut dire l'expression de Lénine: «Le mensonge est sacré …» Le mensonge devient la «vérité» et on y adhère en esclave à la place de la vérité. Comme dit l'Ecriture prononçant la malédiction au livre d'Isaïe, «Malheur à vous qui appelez bien le mal, et mal le bien, qui mettez ténèbres au lieu de lumière, et lumière au lieu de ténèbres.» (Is. 5:20) Les ténèbres de la fausseté reçoivent l'apparence de la lumière de la vérité, et c'est l'une des principales erreurs de la Russie.
Mais cette ruse de transformer un mensonge en «vérité» n'a pas son origine en Russie ni chez les Communistes; il a trouvé son origine dans le démon, qui est le Père du Mensonge. Saint Paul parle du démon sous l'apparence de l'ange de lumière. Pour être plus précis, il se réfère à l'Evangile de Notre-Seigneur Jésus-Christ: «Cependant si nous, ou un ange du Ciel, vous prêche un évangile hors de celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème.» (Gal. 1:8) C'est le démon apparaissant déguisé en ange de lumière, qui donne l'air de la vérité afin de tromper au moyen du mensonge. Voilà d'où vient l'erreur! «Le mensonge est sacré» et «le faux est la vérité.»
Le Père Paul Kramer relate une conversation qu'il a tenue avec le Général Daniel Graham, général de l'Armée des Etats Unis. «Le Général Graham lui a dit qu'il s'était une fois trouvé en Russie avec un fonctionnaire soviétique et que le fonctionnaire soviétique lui demanda: “Ne voulez-vous pas la paix?” Et le Général répondit; “Non! Parce que je sais comment vous définissez la paix. Je ne veux pas de ce genre de paix.” Tandis qu'ils conversaient, ils passèrent en voiture près d'un immense panneau qui montrait des soldats avec des fusils. Sur le tableau on lisait: “Pobieda kommunista eta mir.” C'est à dire (en français) “La victoire Communiste, voilà la Paix”.»
Selon l'enseignement marxiste, l'Etat communiste engage la guerre pour faire la révolution et utilise tous les moyens possibles de ruse — la guerre totale — afin de soumettre le monde entier au Communisme. Et une fois que la guerre totale a été engagée et que le Communisme est victorieux sur la planète entière, alors voilà la version communiste de la «paix». Mais qu'est-ce que la paix en réalité? La meilleure définition est de Saint Augustin: «La Paix est la tranquillité de l'ordre.» Quelle définition est exacte? Ce n'est pas une affaire d'évaluation subjective. Saint Thomas d'Aquin explique: «ens et verum convertuntur», ce qui est une manière scolastique de dire que la vérité est interchangeable avec la réalité. Ce qui est objectivement réel est, pour cette raison même, objectivement vrai. En d'autres termes, la vérité est ce qui est, tandis qu'un mensonge est ce qui n'est pas. Ce qui n'est pas ne peut être vrai. Par conséquent, si l'on déclare par exemple que le blanc est noir, cette déclaration que le blanc est noir est un mensonge — quel que soit l'autorité de celui qui le prétend.
Selon la doctrine marxiste cependant la vérité est ce qui fait avancer la révolution communiste. Et qu'est ce qui fait avancer la révolution communiste? C'est tout ce qui a été décidé comme tel par la Ligne du Parti. Ce que le Parti dicte comme vrai devient «la vérité» même si, en réalité, c'est un mensonge. Donc si la Ligne du Parti est que le noir est blanc, alors c'est ce que doivent croire tous les membres du Parti, simplement parce qu'il a été décidé par le Parti que le noir est blanc.
Tout comme il y a eu un genre de «stalinisation» de l'Eglise, au sens d'une Adaptation de l'Eglise au monde, il doit donc y avoir aussi une sorte de Ligne du Parti stalinien sur Fatima — une version de Fatima dictée d'en haut à laquelle doivent adhérer tous les membres de l'Eglise d'Adaptation post-conciliaire. La Ligne du Parti de Fatima se résume essentiellement en ceci: La «Consécration de la Russie» est accomplie et terminée, et tout le monde doit cesser de la demander. Nous avons la «paix» prédite par Notre-Dame de Fatima. La Russie subit «la conversion» que Notre-Dame a promise. Donc — poursuit la Ligne du Parti — rien du Message de Fatima ne reste à accomplir, et Fatima appartient maintenant au passé.
Comme nous le verrons, tous les termes entre guillemets — «Consécration de la Russie», «paix» et «conversion» — ont été redéfinis au gré de la Ligne du Parti sur Fatima. En ce qui concerne Fatima, on nous demande maintenant de croire l'équivalent de «noir est blanc», car telle est la Ligne du Parti.
La Dictature du
Secrétaire d'Etat du Vatican
Or toute Ligne du Parti exige un dictateur, une tête du Parti, pour l'imposer. D'où au Vatican la Ligne du Parti tient-elle exactement son origine? Les preuves sont accablantes: du Secrétaire d'Etat du Vatican. Ici s'impose un bref arrière-plan.
Tout d'abord, dans l'ordre normal des choses — ce que Saint Augustin a appelé «la tranquillité de l'Ordre» ou la paix — l'Eglise n'est pas une dictature. La dictature est une institution barbare. Comme dit Euripide: «Chez les Barbares tous sont esclaves, sauf un.» Notre-Seigneur a dit: «Les princes des gentils exercent leur autorité» sur leurs sujets. (Mat. 20:25) Il a dit à Ses Apôtres: «Pour vous il ne doit pas en être ainsi.» Cependant, la tranquillité de l'ordre — la paix de l'Eglise — a été énormément troublée dans la période post-conciliaire. Ce que nous voyons dans l'Eglise d'aujourd'hui, c'est que la hiérarchie de la Curie Romaine (non le Pape, mais quelques uns de ses ministres du Vatican) exercent leur autorité sur leurs sujets avec un despotisme oriental. Pour être plus précis, ils exercent leur autorité sur certains sujets, qui encouragent la Ligne du Parti, tandis que l'Eglise en général souffre d'un quasi-effondrement de la foi et de la discipline que méprisent ces mêmes potentats.
Comment en est-on arrivé là? Depuis la restructuration de la Curie Romaine, vers 1967, par ordre du Pape Paul VI — qui fut en fait projetée et entreprise par le Cardinal Jean Villot — les dirigeants des différents dicastères romains ont pu se comporter comme des dictateurs. Avant le Concile Vatican II, la Curie Romaine était structurée comme une monarchie. Le Pape était le Préfet du Saint-Office, tandis que le Cardinal chargé des affaires quotidiennes du Saint-Office était le second. Les autres dicastères étaient de rang inférieur. Et tout en ayant leur propre autorité et juridiction, toujours en accord avec le principe de subsidiarité20, ils étaient subordonnés au Saint-Office et le Saint-Office était directement régi par le Pape. Cette organisation était entièrement en relation avec la Divine Constitution de l'Eglise. Le Pape, Vicaire de Jésus-Christ sur terre, était à la tête de la chaîne de commandement.
Mais après Vatican II, le Cardinal Villot travailla à la restructuration de la Curie Romaine. Bien avant que Gorbachev annonçât son programme de perestroïka dans l'Union Soviétique, l'Eglise subit sa propre perestroïka à la Curie Romaine. Le Saint-Office changea de nom — mais bien plus significatif, le Saint-Office perdit sa position suprême à la Curie. La Curie fut restructurée de telle manière que le Cardinal Secrétaire d'Etat fut placé au-dessus de tous les autres dicastères, y compris l'ancien Saint-Office. Restructuré sous un nom nouveau, c'était maintenant la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) et le Pape n'en était plus le Préfet. Mais elle (CDF) avait maintenant à sa tête un Cardinal Préfet (aujourd'hui, c'est le Cardinal Ratzinger) et il est sous l'autorité du Secrétaire d'Etat.
Selon l'organisation précédente, avec le Pape et son Saint-Office à la tête, la foi et la morale étaient des facteurs dominants qui déterminaient la politique curiale. Dans l'organisation post-conciliaire, cependant, sous le Cardinal Secrétaire d'Etat et son dicastère, le Secrétariat d'Etat, c'est la Ligne du Parti — la politique du Secrétariat d'Etat — qui est le facteur suprême déterminant dans la formulation de la politique de l'Eglise. Même l'ancien Saint-Office, maintenant CDF, est subordonné au Secrétaire d'Etat. En conséquence de cette restructuration, le Saint-Père, le Souverain Pontife, est réduit à un personnage de premier rang qui donne son approbation, comme un tampon, à des réglementations qui lui sont présentées comme fait accompli par le Secrétaire d'Etat. Ce qui porte à répéter: Le Pape a été réduit à un personnage de premier rang au service de la dictature du Secrétaire d'Etat21.
Dans le registre maçonnique requis par la loi italienne, on a bien trouvé le nom de Jean Villot — le même Villot qui a supervisé la réorganisation de la Curie. Après la mort du Cardinal Villot, dans sa bibliothèque privée, on a trouvé un message calligraphié du Grand Maître de la Loge Maçonnique à Villot, louant Villot de maintenir les traditions maçonniques22. Comme l'a dit un prêtre français vivant à Rome: «Dans un domaine au moins, il était traditionnel.»
L'utilisation de la Fausse «Obéissance»
Pour imposer la Ligne du Parti
En 1917, l'année même où Notre-Dame est apparue à Fatima, Saint Maximilien Kolbe était à Rome, où il vit les Maçons montrer leur hostilité ouverte envers l'Eglise Catholique et porter des affiches annonçant leur intention d'infiltrer le Vatican de sorte que Satan gouverne à partir du Vatican et que le Pape soit son esclave23. Ils se vantaient aussi en même temps qu'ils détruiraient l'Eglise. L'intention maçonnique de détruire l'Eglise va parfaitement avec le dicton maçonnique bien connu: «Nous détruirons l'Eglise par le moyen de la sainte obéissance.» Comme nous l'avons montré dans un chapitre précédent, Monseigneur Graber de Regensburg (Allemagne) a rassemblé d'autres témoignages de ce genre de la part des luminaires maçonniques et la Formation Permanente de la Haute Vente elle-même déclarait audacieusement «que le Clergé marche sous votre étendard, croyant toujours qu'il marche sous la bannière des clefs apostoliques.» C'est-à-dire que l'exigence «d'obéissance» serait utilisée de façon dictatoriale pour miner la véritable obéissance et la foi elle-même.
Et la réorganisation curiale de 1967 serait un moyen d'accomplir ce but en soumettant toute l'Eglise à la Ligne du Parti du Secrétaire d'Etat — y compris la Ligne du Parti sur Fatima — sous le déguisement d'une fausse «obéissance» à une autorité qui a clairement dépassé les limites établies par Dieu Lui-même. Comme nous le démontrerons brièvement, ce fut le Cardinal Sodano qui dicta littéralement «l'interprétation» de la vision du Troisième Secret de Fatima, qui a été publié sans les mots mêmes de la Vierge pour l'expliquer.
Le Secrétaire d'Etat
Cible le Message de Fatima
Ceci nous amène au rôle précis du Secrétaire d'Etat dans l'imposition de la Ligne du Parti vis-à-vis de Fatima. Comme nous l'avons noté, ce processus impliquerait le Message de Fatima en général et, en particulier, peut-être son principal défenseur dans l'Eglise, l'œuvre de Fatima du Père Nicholas Gruner.
Dès 1989, le Secrétaire d'Etat de l'époque, le Cardinal Casaroli (le grand «propagandiste» de l'Ostpolitik) avait communiqué à l'évêque du Père Gruner du moment, Son Excellence Gerardo Pierro du diocèse d'Avellino (Italie) ce que l'évêque avait appelé «des signaux de détresse» au sujet de l'œuvre de Fatima du Père Gruner. Le Père Gruner avait été ordonné en 1976 à Avellino pour une communauté franciscaine qui n'assurait pas la formation espérée. Depuis 1978, avec la permission de l'évêque, il résidait au Canada, où il avait été placé à la tête d'une petite œuvre de Fatima, devenue la plus vaste du monde dans son genre. Mais après imposition, par ordre anonyme de 1988, de la Ligne du Parti par rapport à la «Consécration» de 1984, le conflit était inévitable entre l'oeuvre du Père Gruner et le Secrétaire d'Etat — tout comme le conflit entre l'orientation traditionnelle et la nouvelle orientation de l'Eglise après Vatican II.
La technique de base pour essayer de se débarrasser du Père Gruner, avait été de monter un faux scénario où, après avoir reçu l'ordre de trouver un autre évêque pour l'incardiner ailleurs qu'à Avellino, le Père Gruner se verrait bloquer toute incardination partout ailleurs par des torsions de bras sans précédent dans les coulisses, de sorte que le Père Gruner serait forcé de «retourner» à Avellino et d'abandonner son œuvre. Après avoir bloqué l'incardination du Père Gruner proposée successivement par trois évêques bienveillants, amis de Fatima, le Vatican (en un processus complexe qui dépasse les visées de ce livre)24 avait finalement baissé le ton: Le Père Gruner doit «retourner» à Avellino ou être «suspendu» pour «désobéissance.» En résumé, le Père Gruner était sous menace de «suspension» pour ne pas avoir accompli ce que ses accusateurs mêmes l'avaient systématiquement empêché de faire — c'est à dire, trouver un autre évêque pour l'incardiner25.
Tandis que les différents appels canoniques du Père Gruner contre ces actions sans précédent à son égard allaient leur chemin devant les tribunaux du Vatican, son œuvre de Fatima continuait à prospérer. Vers l'an 2000, l'œuvre était devenue, surtout par son journal The Fatima Crusader, la voix la plus forte et la plus persistante de l'Eglise, à la fois pour la Consécration de la Russie et pour la révélation du Troisième Secret.
De plus, le Pape lui-même avait compliqué le tableau de Fatima par sa décision de béatifier Jacinthe et François au cours d'une cérémonie à Fatima le 13 mai 2000. Son intention de béatifier les deux enfants fut publiée dès juin 1999, et cet événement avait déclenché nettement une lutte interne au sein du Vatican. On le voit par la nature contradictoire quant au lieu de la cérémonie de béatification qui est très inhabituelle au Vatican. D'abord, le Secrétariat d'Etat, le Cardinal Angelo Sodano, annonça en octobre 1999, que la béatification de Jacinthe et François aurait lieu le 9 avril 2000, Place Saint-Pierre, en même temps que quatre autres béatifications. Le Patriarche de Lisbonne, dans la presse portugaise, est cité avoir reçu du Vatican l'information qu'il était «tout à fait impossible» au Pape de venir à Fatima pour la béatification des enfants et que la question était «close». Le Patriarche dit aux journalistes portugais qu'il était convaincu que cette «impossibilité» de la venue du Pape à Fatima était exclusivement due à nul autre qu'au Secrétariat d'Etat du Vatican.
Mais le Pape avait d'autres idées. En novembre 1999, Sa Sainteté — outrepassant évidemment le Cardinal Sodano — informa directement Monseigneur Serafim, évêque de Fatima, qu'il devait annoncer la venue effective du Pape à Fatima le 13 mai pour proclamer les béatifications. Monseigneur Serafim ne fit la nouvelle annonce qu'en décembre 1999. Et puis, en mars 2000, l'évêque laissa aussi entendre que «le Pape ferait quelque chose de spécial pour Fatima.» Ceci provoqua dans la presse l'hypothèse enflammée que le Pape allait, enfin, révéler le Troisième Secret. Monseigneur Serafim fut immédiatement blâmé en public par le Cardinal Patriarche de Lisbonne, sous les ordres possibles de quelqu'un du Vatican au service du Secrétaire d'Etat, qui souhaitait que personne ne sût que le Pape envisageait la révélation du Secret. Mais le chat proverbial était sorti du sac proverbial26.
Et donc le Pape est allé à Fatima le 13 mai 2000 pour béatifier Jacinthe et François. La présentation du Pape fut une sorte de démonstration vivante du conflit entre les deux visions de l'Eglise dont nous avons discuté. Evoquant l'Eglise de toujours, le Pape donna un sermon après les béatifications. Dans ce sermon furent soudain rappelées beaucoup de choses que l'Eglise semblait avoir oubliées depuis ces quarante dernières années:
Selon le plan divin, «une femme revêtue du soleil» (Apoc.12:1) descendit du Ciel sur cette terre, pour visiter les enfants privilégiés du Père. Elle leur parle d'une voix et d'un cœur maternels: Elle leur demande de s'offrir en victimes de réparation, disant qu'Elle était prête à les conduire sûrement à Dieu. ...
Plus tard, François, l'un des trois enfants privilégiés, s'écria: «Nous brûlions dans cette lumière qui est Dieu et nous n'étions pas consumés. Comment est Dieu? Il est impossible de le dire. En fait nous ne pourrons jamais le dire.» Dieu: Une lumière qui brûle sans se consumer. Dieu: Moïse connut la même expérience quand il vit Dieu dans le Buisson Ardent. ...
«Un autre prodige apparut dans le Ciel; regardez! un grand dragon rouge» (Apoc.12:3). Ces mots de la première lecture de la Messe nous font penser au grand combat entre le bien et le mal, qui montre comment, l'homme, en mettant Dieu de côté, ne peut trouver le bonheur mais finit par se détruire. ...
Le Message de Fatima est un appel à la conversion; avertissant l'humanité de n'avoir rien à faire avec le «dragon» dont la «queue balayait le tiers des étoiles du Ciel, et les jetait sur la terre.» (Apoc.12:4)
Le but final de l'homme est le Ciel, sa vraie demeure, où le Père Céleste attend chacun avec Son amour miséricordieux. Dieu veut que nul ne soit perdu; c'est pourquoi il y a 2 000 ans, Il a envoyé Son Fils sur la terre, «pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus» (Lk. 19:10). ...
Dans Sa maternelle sollicitude, la Sainte Vierge est venue ici à Fatima pour demander aux hommes et aux femmes «d'arrêter d'offenser Dieu, Notre-Seigneur qui est déjà trop offensé.» C'est sa tristesse de Mère qui La pousse à parler; la destinée de Ses enfants est en jeu. Pour cette raison, Elle demande aux petits bergers: «Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs; beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne qui prie et fasse des sacrifices pour elles.» (c'est nous qui soulignons)
La relation directe établie par le Pape entre le Message de Fatima et le livre de l'Apocalypse et la ressemblance entre la rencontre des voyants de Fatima avec Dieu et celle de Moïse devant le Buisson Ardent, comportait une stupéfiante authentification papale des apparitions de Fatima comme prophéties données par Dieu pour notre temps. Tout à coup, Fatima fut nettement remis devant les yeux de toute l'Eglise.
Il y eut tout d'abord, la référence étonnante du Pape au Message de Fatima comme moment biblique, l'accomplissement même du Chapitre 12 verset 1 de l'Apocalypse qui parle de la «Femme revêtue du soleil.» Ici le Pape Jean-Paul II faisait écho au Pape Paul VI qui, dans sa lettre apostolique Signum magnum, publiée à Fatima, le 13 mai 1967 déclarait:
Le signe grandiose que saint Jean vit dans le ciel: une femme enveloppée de soleil (cf. Apoc. 12, 1), la liturgie l'interprète, non sans fondement, comme se rapportant à la Très Sainte Vierge Marie, Mère de tous les hommes par la grâce du Christ rédempteur...
A l'occasion des cérémonies religieuses qui se déroulent ces jours-ci à Fatima, au Portugal, en 1'honneur de la Vierge Mère de Dieu, où elle est vénérée par des multitudes de fidèles pour son cœur maternel et miséricordieux, Nous désirons attirer encore une fois l'attention de tous les fils de l'Eglise sur le lien très étroit qui existe entre la maternité spirituelle de Marie, ...
Encore plus étonnant, dans son sermon le Pape Jean-Paul II avait explicitement lié le Message de Fatima à l'Apocalypse, chapitre 12, verset 4 qui prophétise que «la queue du dragon» balaiera un tiers des étoiles du Ciel et les jettera sur la terre. Comme le noterait plus tard le Père Gruner: «Dans le langage de la Bible, les “étoiles du Ciel” sont celles qui sont placées dans le Ciel pour illuminer la route afin que d'autres aillent au Ciel. Ce passage a été classiquement interprété dans des commentaires catholiques pour signifier que un tiers du clergé — c'est à dire Cardinaux, évêques, prêtres — manquent à leur état de consacrés et travaillent en réalité pour le démon.» Par exemple, le Commentaire Haydock à la Bible Douai-Rheims note que l'image du tiers des étoiles du Ciel a été interprétée comme référence aux «évêques et personnages éminents qui tombent sous le poids de la persécution et qui ont apostasié … Le démon est toujours prêt, dans la mesure où Dieu le permet, à faire la guerre contre l'Eglise et les fidèles serviteurs de Dieu.»
Sous ce rapport, le Père Gruner, Gerry Matatics — spécialiste catholique de la Bible (et ancien ministre presbytérien) — et d'autres ont cité le commentaire sur Apoc. 12:3-4 du Père Herman B. Kramer, dans Le Livre de la Destinée. Cette œuvre fut publiée avec Imprimatur, assez providentiellement en 1956, seulement six ans avant l'ouverture de Vatican II. Par rapport au symbole du tiers des étoiles du Ciel, le Père Herman Kramer note: «C'est un tiers du Clergé» et ce «“tiers” des étoiles suivra le dragon» — ce qui signifie un tiers du clergé qui sont les «étoiles», les âmes consacrées dans l'Eglise27. C'est à dire, un tiers du clergé Catholique sera au service du démon, travaillant à détruire l'Eglise de l'intérieur. Le commentaire du Père Herman Kramer fait remarquer que le dragon rouge — signe du démon qui pourrait aussi symboliser le Communisme parce que le rouge est la couleur emblématique du Communisme — amène la grande détresse dans l'Eglise en la sapant de l'intérieur.
Le commentaire continue, disant que, par le moyen de ce clergé apostat, le démon imposera probablement à l'Eglise «l'acceptation de morales non chrétiennes, de fausses doctrines, de compromis avec erreur, ou d'obéissance aux gouvernants civils avec violation de la conscience.» En outre, il suggère que «la signification symbolique de la queue du dragon révèle peut-être que le clergé, qui est mûr pour l'apostasie, tiendra dans l'Eglise les postes influents, ayant acquis la promotion par hypocrisie, ruse et flatterie.» Le clergé qui suivra le dragon — c'est à dire le démon — inclurait ceux «qui ont négligé de prêcher la vérité ou de reprendre le pécheur par le bon exemple, mais plutôt ceux qui ont cherché la popularité en étant relâchés et esclaves du respect humain» ainsi que ceux «qui craignent pour leurs propres intérêts et ne protesteront pas contre les mauvaises pratiques dans l'Eglise» et les évêques «qui détestent les prêtres droits qui osent dire la vérité28.» Le Père Herman Kramer observe aussi ce qui suit, concernant l'état de l'Eglise Catholique dans les temps prophétisés par Apoc.12:3-4:
«La démocratie apostolique fondée par Notre-Seigneur a pu céder la voie à la monarchie absolue où l'épiscopat gouverne avec un despotisme oriental. Les prêtres sont peut-être réduits à un état de servilité et de flagornerie par flatterie. Le gouvernement par la raison, la justice et l'amour a peut-être été supplanté par la volonté absolue de l'évêque, dont toute action et toute parole doivent être acceptées sans question, sans recours au fait, à la vérité ou à la justice. La conscience a peut-être perdu son droit à guider les actions des prêtres et demeure peut-être ignorée ou condamnée. La diplomatie, l'opportunisme et autres fourberies sont peut-être encouragés comme les plus grandes vertus29.»
Mais rien de cela n'est mentionné dans ces parties du Message de Fatima révélées jusqu'ici. Le Pape avait-il donc, par sa surprenante référence à l'Apocalypse 12:3-4 simplement donné au monde de jeter un coup d'œil dans le Troisième Secret? Révèlerait-il maintenant le Secret dans son intégralité?
Mais hélas! c'est le fin du sermon. Ce n'est pas le Pape qui va commenter le Troisième Secret. Aussi vite qu'il a commencé, le retour momentané du Pape à la vision de l'Eglise de toujours est terminé et un exécutant principal de la nouvelle vision surgit à ses pieds. C'est le Cardinal Angelo Sodano, le Secrétaire d'Etat du Vatican — le même Cardinal Sodano qui avait essayé, sans y réussir, d'empêcher le Pape d'aller à Fatima pour béatifier Jacinthe et François. Pour quelque raison étrange, c'est Sodano, et non le Pape, qui annoncera que le Pape a décidé de révéler le Troisième Secret de Fatima:
A l'occasion solennelle de sa visite à Fatima, Sa Sainteté m'a chargé de vous faire une annonce. Comme vous le savez, le but de sa visite à Fatima a été de béatifier les deux «petits bergers.» Néanmoins il souhaite aussi, par son pèlerinage, renouveler un geste de gratitude envers Notre-Dame pour Sa Protection au cours des années de son Pontificat. Cette protection semble aussi liée à ce qu'on appelle la «troisième partie» du secret de Fatima.
Et puis ce qui avait semblé si étrange devint soudain tout à fait explicable. La tâche du Cardinal Sodano serait de préparer les fidèles à accepter la notion que le Message de Fatima, y compris le Troisième Secret, devait maintenant être considéré comme une chose du passé. Le processus commencerait par «l'interprétation» du Troisième Secret selon le Cardinal:
Ce texte constitue une vision prophétique comparable à celles de l'Ecriture sainte, qui ne décrivent pas de manière photographique les détails des événements à venir, mais qui résument et condensent sur un même arrière-plan des faits qui se répartissent dans le temps en une succession et une durée qui ne sont pas précisées. Par conséquent, la clé de lecture du texte ne peut que revêtir un caractère symbolique. …
Selon l'interprétation des petits bergers, interprétation confirmée récemment par Sœur Lucie, «l'Evêque vêtu de blanc» qui prie pour tous les fidèles est le Pape. Lui aussi, marchant péniblement vers la Croix parmi les cadavres des personnes martyrisées (évêques, prêtres, religieux, religieuses et nombreux laïcs), tombe à terre comme mort, sous les coups d'une arme à feu. (c'est nous qui soulignons)
Comme l'apprendront bientôt les fidèles, c'est tout simplement un mensonge. «Un Evêque vêtu de Blanc» dans la vision n'est pas «comme mort», mais est tué — comme le déclare nettement le texte de la vision — selon la manière d'une exécution militaire, en même temps que beaucoup d'évêques, de prêtres et de religieux, devant une ville à demi écroulée.
Pourquoi donc insérer le mot «comme» dans «l'interprétation»? Le Cardinal Sodano, immédiatement y montre un peu la main:
Après l'attentat du 13 mai 1981, il apparut clairement à Sa Sainteté qu'il y avait eu «une main maternelle pour guider la trajectoire du projectile», permettant au «Pape agonisant» de s'arrêter «au seuil de la mort.» ...
Les événements ultérieurs de 1989 ont conduit, en Union soviétique et dans de nombreux Pays de l'Est, à la chute du régime communiste, qui se faisait le défenseur de l'athéisme. ...
Bien que les situations auxquelles fait référence la troisième partie du secret de Fatima semblent désormais appartenir au passé, l'appel de la Vierge de Fatima à la conversion et à la pénitence, lancé au début du vingtième siècle, demeure encore aujourd'hui d'une actualité stimulante. (c'est nous qui soulignons)
Tout simplement, Sodano préparait le voie à une «interprétation» du Message de Fatima qui l'enterrerait une fois pour toutes: le Message culminait avec la tentative d'assassinat de 1981 et la «chute du communisme» en 1989 — Dans la mesure où des événements particuliers sont représentés, ils appartiennent désormais au passé. Pour assurer ce résultat, un «commentaire» serait préparé avant que le texte du Troisième Secret soit révélé:
Pour permettre aux fidèles de mieux recevoir le message de la Vierge de Fatima, le Pape a confié à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi le soin de rendre publique la troisième partie du secret, après en avoir préparé un commentaire approprié.
Mais pourquoi ce commentaire n'avait-il pas été prêt à temps pour la cérémonie du 13 mai? Après tout, la nouvelle de la révélation imminente du Troisième Secret circulait depuis au moins mars 2000. Ce mois-là, Monseigneur Sérafim avait annoncé que le Pape lui avait dit, au cours d'une visite à Rome, que le Pape «ferait quelque chose de spécial pour Fatima»30 quand il s'y rendrait pour la cérémonie de béatification en mai 2000.
Assez curieusement, le Pape avait bien recommandé à Monseigneur Sérafim de n'en rien dire tant qu'il était à Rome, mais d'attendre d'être de retour à Fatima. Cependant l'affaire était dans les intentions du Pape depuis novembre précédent, donc pourquoi le «commentaire» n'avait-il pas été préparé au cours de la période novembre 1999-mai 2000? Certainement, un tel commentaire aurait pu facilement être préparé pour ce moment-là.
On peut penser à deux solutions. Ou bien le Pape n'avait pas parlé au Cardinal Sodano de son intention concernant la révélation du Troisième Secret — auquel cas le Pape n'a pas confiance en Sodano — ou bien le Pape l'avait dit effectivement à Sodano, sur quoi Sodano présuma qu'il pourrait d'une manière ou d'une autre empêcher cette révélation à la cérémonie du 13 mai 2000. Ceci expliquerait que Sodano n'ait pas préparé de commentaire à l'avance : il pensait que ce ne serait pas nécessaire parce qu'il pourrait empêcher toute révélation du Troisième Secret. Mais le Pape avait pris les devants, et maintenant il fallait «gérer» le Secret de telle manière que la question de Fatima soit suspendue.
Une Conférence de Presse
Pour Annoncer la Ligne du Parti de Sodano
Nous arrivons ainsi à la date fatidique du 26 juin 2000. A cette date, le Troisième Secret est «dévoilé» à une conférence de presse du Vatican, ainsi qu'un commentaire préparé par le Cardinal Ratzinger et Monseigneur Tarcisio Bertone, Secrétaire de la CDF, sous le titre Le Message de Fatima (désigné dans la suite par TMF). Dans TMF, La Ligne du Parti sur Fatima serait promulguée officiellement — sous le commandement direct du Cardinal Angelo Sodano.
Tout d'abord, on a dit aux fidèles que le texte suivant d'une vision de Sœur Lucie dit tout sur le Troisième Secret de Fatima:
Après les deux parties que j'ai déjà exposées, nous avons vu sur le côté gauche de Notre-Dame, un peu plus en hauteur, un Ange avec une épée de feu dans la main gauche; elle scintillait et émettait des flammes qui, semblait-il, devaient incendier le monde; mais elles s'éteignaient au contact de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre-Dame en direction de lui; l'Ange, indiquant la terre avec sa main droite, dit d'une voix forte: Pénitence! Pénitence! Pénitence! Et nous vîmes dans une lumière immense qui est Dieu: «Quelque chose de semblable à la manière dont se voient les personnes dans un miroir quand elles passent devant», un Evêque vêtu de Blanc, «nous avons eu le pressentiment que c'était le Saint-Père.» Divers autres Evêques, Prêtres, religieux et religieuses monter sur une montagne escarpée, au sommet de laquelle il y avait une grande Croix en troncs bruts, comme s'ils étaient en chêne-liège avec leur écorce; avant d'y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d'un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu'il trouvait sur son chemin; parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent plusieurs coups aven une arme à feu et des flèches; et de la même manière moururent les uns après les autres les Evêques, les Prêtres, les religieux et religieuses et divers laïcs, hommes et femmes de classes et de catégories sociales différentes. Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un arrosoir de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des Martyrs et avec lequel ils irriguaient les âmes qui s'approchaient de Dieu.
La réaction immédiate de millions de Catholiques pourrait se résumer en deux mots: C'est ça? Nettement, quelque chose n'allait pas puisque rien, dans ce texte, ne correspondait à ce qu'avait dit lui-même le Cardinal Ratzinger sur le Troisième Secret en 1984 — un point sur lequel nous reviendrons bientôt. Et il ne contenait rien qui expliquât son occultation érieux depuis 1960.
Le plus important: cette vision ambiguë, rédigée sur quatre feuilles de cahier, ne contenait aucun mot de Notre-Dame. En particulier, elle ne contenait aucun complément à l'expression célèbre prononcée par Notre-Dame en conclusion de la partie consignée du Message de Fatima telle que fidèlement transcrite par Sœur Lucie dans ses Mémoires: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» Sœur Lucie avait ajouté cette expression, y compris le «etc.» à son quatrième mémoire comme partie du texte intégral du Message. Cette addition avait amené tout expert honorable de Fatima à conclure qu'elle signalait le début du Troisième Secret non publié, et que le Troisième Secret se rapportait à une vaste crise dogmatique de l'Eglise hors du Portugal. Il était clair que la Vierge avait autre chose à dire qui n'était pas noté parce que Sœur Lucie avait reçu l'ordre de le garder secret — jusqu'en 1960, comme nous l'avons vu.
Par une curieuse manœuvre, cependant, TMF avait évité toute discussion sur l'expression révélatrice en prenant le texte du Message de Fatima dans le troisième mémoire où l'expression n'apparaît pas. TMF le justifie comme suit: «En ce qui concerne la description des deux premières parties du “secret,” déjà publiées par ailleurs et donc connues, on a choisi le texte écrit de Sœur Lucie dans le troisième mémoire du 31 août 1941; dans le quatrième mémoire du 8 décembre 1941, elle y a ajouté quelques annotations.» L'expression-clé concernant la préservation du dogme au Portugal n'était pas une «annotation», mais une partie intégrante des mots prononcés par Notre-Dame, après avoir dit; «Ne le dites à personne. Oui, à François vous pouvez le dire.»
Ayant faussement taxé «d'annotation» le caractère d'une partie intégrante du Message de Fatima, TMF l'enterre ensuite dans une note qui n'est plus jamais mentionnée: «Dans le “quatrième mémoire,” Sœur Lucie ajoute: “Au Portugal, se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.”»
Pourquoi Sodano/Ratzinger/Bertone rusent-ils sur cette expression-clé qu'ils écarteraient si ouvertement de leur voie jusqu'à l'éviter en usant d'un Mémoire plus ancien et moins complet du texte du Message? S'il n'y a rien à cacher dans cette expression, pourquoi ne pas utiliser tout simplement le Quatrième Mémoire et tenter une explication sur la signification de cette expression? Pourquoi les auteurs de TMF allèguent-ils si clairement que l'expression est une simple «annotation», alors qu'ils savent parfaitement qu'elle apparaît dans le texte intégral comme faisant partie des mots prononcés par la Mère de Dieu? Nous reviendrons sur cette conduite suspecte dans un chapitre ultérieur.
Autre domaine suspect: la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc» n'était pas du tout la «lettre d'une seule page où Sœur Lucie a noté les mots qu'a confiés Notre-Dame en secret aux trois bergers de la Cova da Iria» — comme l'avait présenté le Vatican lui-même dans la déclaration de presse de 1960 déjà mentionnée. Le texte de la vision couvre quatre pages de ce qui semble être du papier de cahier réglé.
Autre circonstance suspecte: le 26 juin apparut clairement le mensonge du Cardinal Sodano du 13 mai: le Pape est tué par les soldats qui font feu sur lui au moment où il s'agenouille au pied d'une grande Croix de bois aux portes d'une cité à demi-écroulée. Le Pape n'est pas «comme mort», comme l'avait faussement affirmé Sodano en mai; le Pape est mort. La vision, quelle qu'en soit la signification, n'a absolument rien à voir avec la tentative d'assassinat de 1981. Les fidèles avaient déjà été dupés en mai et maintenant le processus de duperie continuait nettement.
Les douzaines de contradictions suscitées par ce texte incitant les Catholiques du monde entier à douter de la révélation intégrale du Troisième Secret — seront abordées dans un chapitre ultérieur. Pour le moment, nous considérons dans son ensemble le «commentaire» du Message de Fatima par Ratzinger/Bertone dans TMF.
Le Cardinal Sodano Dicte
«l'Interprétation» du Troisième Secret
Tout d'abord, TMF est un aveu pratique que «l'interprétation» du Message de Fatima que vont «tenter» (pour employer le mot du Cardinal Ratzinger) le Cardinal Ratzinger et Monseigneur Bertone, a été dicté par nul autre que le Cardinal Sodano. Pas moins de quatre fois, TMF déclare que c'est «l'interprétation» suivante du Troisième Secret par Sodano — c'est à dire que Fatima appartient au passé:
Avant d'entreprendre une tentative d'interprétation, dont les lignes essentielles peuvent être trouvées dans la communication que le Cardinal Sodano a prononcée le 13 mai dernier …
C'est pour cela que le langage imaginatif de ces visions est un langage symbolique. Le Cardinal Sodano dit à ce sujet …
Comme il ressort de la documentation précédente, l'interprétation que le Cardinal Sodano a donnée dans son texte du 13 mai a, dans un premier temps, été présentée personnellement à Sœur Lucie.
Avant tout, nous devons affirmer avec le Cardinal Sodano: «Les situations auxquelles fait référence la troisième partie du “secret” de Fatima semblent désormais appartenir au passé.»
Et simplement, au cas où le lecteur n'aurait pas encore bien saisi, le but essentiel de TMF reparaît une fois encore:
Dans la mesure où des événements particuliers sont représentés, ils appartiennent désormais au passé.
N'est-il pas curieux que l'interprétation du message vital de la Vierge de Fatima pour le monde ait été remise non au Pape, ni même à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, (qui imitait simplement l'opinion du Cardinal Sodano), mais au Secrétaire d'Etat du Vatican? Quelle autorité possède le Cardinal Sodano pour imposer ses vues à l'Eglise? Aucune, bien entendu. Mais le Cardinal Sodano s'était arrogé cette autorité en s'en tenant à l'influence générale post-conciliaire du Secrétaire d'Etat du Vatican par rapport au statut du Pape de facto quand il s'agit du gouvernement quotidien des affaires de l'Eglise.
Il serait opportun d'apporter ici un autre exemple très révélateur de cette usurpation d'autorité par le Secrétaire d'Etat. Dans un article intitulé «Le Pape, la Messe et la Politique des Bureaucrates du Vatican» (Magazine de La Messe Latine — Supplément d'Hiver, janvier 2002), le journaliste italien Alessandro Zangrando raconte un incident où le Secrétaire d'Etat a bloqué la publication par l'Osservatore Romano de l'éloge du Pape sur la Messe Latine traditionnelle. L'éloge avait été exprimé dans un Message papal à une réunion de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements: «Dans le Missel Romain de Saint Pie V, comme dans beaucoup de liturgies orientales, se trouvent de très belles prières où les prêtres expriment le sentiment très profond d'humilité et de respect devant les Saints Mystères, les prières révélant la Substance Même de chaque Liturgie.»
Zangrando a noté que si les Messages du Pape aux Congrégations Vaticanes sont régulièrement publiés aussitôt leur émission, celui-ci ne le fut pas. Ce ne fut que après la publication de l'éloge du Pape sur la Messe Traditionnelle par le journal civil Il Giornale que le Secrétaire d'Etat du Vatican émit soudain (dans les 24 heures) par le Bureau de Presse du Vatican, le texte du message du Saint-Père — plus d'un mois après le discours du Pape. Mais jusqu'à ce jour, et contrairement à l'usage normal, le Message du Pape à la Congrégation n'a pas été publié dans L'Osservatore Romano, le journal même du Pape. Zangrando a cité la conclusion du célèbre «Vaticaniste» (spécialiste des affaires du Vatican) Andrea Tornielli: «Le fait même que 24 heures après la publication de l'article [dans Il Giornale], le Secrétariat d'Etat du Vatican ait rendu public le texte de la lettre du Saint-Père, prouve qu'avait été faite une véritable tentative de “censurer” les paroles du Pape … L'opération a eu un retour de flammes aux effets imprévus» — c'est à dire, la louange du Pape sur la Messe traditionnelle a fini par obtenir plus vaste publicité par la presse civile.
Nous voyons par là comment un autre élément clé de la nouvelle orientation de l'Eglise — l'abandon de Sa liturgie Latine tradionnelle — fut appliqué par le Secrétaire d'Etat, qui essaya de censurer l'éloge du Pape sur la Messe traditionnelle. Qui sait combien d'autres paroles du Pape ont été censurées — avec succès — par le Secrétariat d'Etat du Vatican? Cet incident est seulement typique du fonctionnement actuel du gouvernement de l'Eglise, étant donné surtout le déclin de santé physique du Pape.
Le Cardinal Ratzinger Exécute
la Ligne du Parti de Sodano
De retour au «commentaire» avec ces faits à l'esprit, on peut voir que la conférence de presse du 26 juin 2000 avait un seul but prédominant: exécuter l'ordre du Cardinal Sodano concernant l'interprétation «correcte» du Message de Fatima. Au moment où les journalistes quittaient cette salle, le Message de Fatima — tout entier — devait être enterré. Et une fois enterré, le Message ne gênerait plus le Cardinal Sodano et ses collaborateurs dans leur poursuite sans relâche de la nouvelle orientation post-Fatima de l'Eglise qui comporte (comme nous le verrons) les affaires importantes de l'Eglise, telles que porter aux nues les pareils à Mikhail Gorbachev, dîner et trinquer avec eux au Vatican, faire présenter par le Pape des excuses à la Chine Rouge, faire pression sur les Catholiques de Roumanie pour qu'ils cèdent à l'Eglise Orthodoxe les droits de l'Eglise Catholique locale aux propriétés volées par Joseph Staline, soutenir et même financer une Cour Criminelle Internationale sans Dieu et irresponsable sous les auspices des Nations Unies qui pourraient juger des Catholiques de n'importe quelle nation pour «crimes contre l'humanité» non spécifiés et autres «triomphes» du même genre de la diplomatie Vaticane.
En d'autres termes, toute dernière résistance dans l'Eglise doit être ramenée à la nouvelle manière vaticane de penser et de parler au monde, ce qui ne cadre pas bien avec la prophétie de Notre-Dame de Fatima sur le triomphe de Son Cœur Immaculé, la diffusion de la dévotion à Son Cœur Immaculé et la conversion résultant de la Russie qui doit en résulter par l'intervention du Cœur Immaculé. Ce genre de propos tout simplement ne sera plus de mise, même s'il vient assurément de la Mère de Dieu. Donc la tâche précise confiée au Cardinal Ratzinger et à Monseigneur Bertone le 26 juin fut de trouver un moyen pour détacher une fois pour toutes les fidèles des aspects explicitement catholiques du Message de Fatima qui nous rappellent tous trop clairement l'Eglise «triomphaliste» de «l'obscurantisme pré-conciliaire» comme le ferait remarquer le Los Angeles Times dans son en-tête du 27 juin 2000: «L'Eglise Catholique Dévoile le Troisième Secret: Le Premier Théologien du Vatican Déboulonne en Douce le Récit d'une Religieuse sur Sa Vision de 1917 Qui Alimentait des Décennies de Spéculation.» La tentative était si patente que même un journal laïc ne pouvait s'empêcher de le remarquer. Fournissons la preuve de ce crime contre la Vierge de Fatima et les Saints voyants que Dieu a choisis pour recevoir Son message.
Il y eut d'abord dans TMF la tentative de Cardinal Ratzinger de disposer du triomphe du Cœur Immaculé:
Je voudrais enfin reprendre encore une autre parole-clé du «secret» devenue célèbre à juste titre: «Mon Cœur immaculé triomphera». Qu'est-ce que cela signifie? Le Cœur ouvert à Dieu, purifié par la contemplation de Dieu, est plus fort que les fusils et que les armes de toute sorte. Le fiat de Marie, la parole de son cœur, a changé l'histoire du monde, parce qu'elle a introduit le Sauveur dans le monde — car, grâce à son «oui», Dieu pouvait devenir homme dans notre monde et désormais demeurer ainsi pour toujours.
Le lecteur attentif remarquera tout de suite que le Cardinal Ratzinger a, pour sa convenance, enlevé les trois premiers mots de la prophétie de la Vierge: A la fin. Cette censure nettement délibérée de la Mère Même de Dieu était nécessaire pour «l'interprétation» révisionniste du Cardinal Ratzinger à propos des lignes dictées par Sodano: c'est à dire, que Fatima appartient au passé.
Ainsi, «A la fin, Mon Cœur Immaculé triomphera» — après la suppression opportune des trois premiers mots — doit être compris comme suit: «Il y a 2 000 ans, Mon Cœur Immaculé a triomphé.» La prophétie de Notre-Dame sur ce qui arrivera à la fin est indiscutablement falsifiée en une simple ratification de ce qui s'était déjà passé il y a vingt siècles au commencement de l'histoire chrétienne. Quatre événements futurs — le triomphe du Cœur Immaculé, la Consécration de la Russie, la conversion de la Russie, et la période de paix qui en résultera pour le monde — sont convertis avec ruse en un seul événement d'il y a 2 000 ans!
Cette manipulation d'un message que Dieu Lui-Même a envoyé à la terre par Sa Sainte Mère devrait faire se lever chacun des fidèles pour réclamer justice au Nom du Ciel. Mais le massacre du Message de Fatima par le Cardinal Ratzinger ne s'arrête pas là; il est même bien pire que cela. Par rapport à l'appel de Notre-Dame pour établir la dévotion à Son Cœur Immaculé à travers le monde comme «Dieu le souhaite», le Cardinal Ratzinger a offert cette plaisanterie:
Le «cœur immaculé» est, selon Mt. 5:8, un cœur qui, à partir de Dieu, est parvenu à une parfaite unité intérieure et donc «voit Dieu.» La «dévotion» au Cœur immaculé de Marie est donc une façon de s'approcher du comportement de ce cœur, dans lequel le fiat — que ta volonté soit faite — devient le centre qui informe toute l'existence.
A remarquer tout d'abord les guillemets que place le Cardinal Ratzinger pour consacré et cœur immaculé qu'il dépouille de sa majuscule I — signe certain que ces mots vont acquérir une nouvelle signification.
Ainsi, «Dieu souhaite établir dans le monde la dévotion à Mon Cœur Immaculé» doit s'entendre maintenant: «Dieu souhaite que tout le monde fasse Sa volonté.» En fait, toute personne dont le cœur est ouvert à la volonté de Dieu acquiert un «cœur immaculé» pour lui-même. Donc la dévotion au Cœur Immaculé de Marie signifie ouvrir son propre cœur à Dieu, non pas répandre la dévotion à Son Cœur afin de rendre le monde catholique (spécialement la Russie). Immaculé avec une majuscule I, devient immaculé avec une minuscule i et Son Cœur devient le cœur de chacun, au moins en puissance. Comme dirait un magicien: «Presto, change-o!»
Il n'y a, bien sûr, qu'un seul mot pour qualifier le rabaissement du seul et unique Cœur Immaculé — conçu sans le Péché Originel et coupable d'aucun péché personnel quel qu'il soit — au niveau du cœur de toute personne qui se détourne de ses péchés et trouve l'unité intérieure avec Dieu. Ce mot, c'est blasphème. On reparlera, dans le chapitre prochain, de cet outrage particulier.
La conversion de la Russie fut un peu plus difficile à faire disparaître. On ne peut pas trouver beaucoup à dire pour rendre obscure la déclaration très claire de la Mère de Dieu: «Le Saint-Père Me consacrera la Russie qui sera convertie.» Mais, comme nous l'avons abondamment démontré, la conversion de la Russie n'est plus acceptable pour le personnel du Vatican. La solution à ce problème fut simplement d'éviter toute discussion sur le sujet dans TMF, même si les mots de Notre-Dame sont cités sans commentaire. La conversion de la Russie? Quelle conversion?
Le comble de l'insulte de la part du Cardinal Ratzinger fut de citer, dans TMF une seule «autorité» sur Fatima: le Théologien flamand Edouard Dhanis, S.J., qualifié par le Cardinal Ratzinger d'«éminent connaisseur» de Fatima. Bien entendu, le Cardinal Ratzinger sait que Dhanis, Jésuite moderniste, a fait une véritable carrière en jetant le doute sur les Apparitions de Fatima. Dhanis a avancé que tout dans le Secret de Fatima, en dehors d'un appel à la prière et à la pénitence, fut monté dans l'esprit des trois enfants à partir de choses qu'ils avaient vues et entendues dans leur propre vie. Dhanis classa donc comme «Fatima II» toutes ces choses que rejetait arbitrairement comme montages «l'éminent connaisseur» — sans jamais avoir une seule fois rencontré Sœur Lucie ni étudié les archives officielles de Fatima.
Comme Dhanis l'a dit: «Tout compte fait, il n'est pas facile de préciser le crédit qu'il y a lieu d'accorder aux rapports de Sœur Lucie. Sans mettre en doute sa sincérité, non plus que le jugement sain dont elle fait preuve dans la vie quotidienne, on peut juger prudent de ne s'appuyer qu'avec circonspection sur ses écrits.» … «Remarquons aussi qu'une personne peut être sincère et faire preuve d'un jugement sain dans la vie quotidienne, mais avoir un propension à la fabulation inconsciente dans un certain secteur ou, en tout cas, rapporter avec des enrichissements et des modifications appréciables des souvenirs vieux de vingt ans31.»
Dhanis, qui refusa d'examiner les archives officielles de Fatima, jetait le doute sur tout aspect du Message de Fatima qui ne concordait pas avec ses penchants néo-Modernistes: la prière enseignée par l'Ange, il la disait «peu exacte», la vision de l'Enfer, il la taxait de «représentation exagérément médiévale», la prophétie d'une «nuit éclairée par une lumière inconnue» annonçant l'approche de la Seconde Guerre Mondiale, il la présentait comme «domaine suspect.» Et quant à la Consécration de la Russie, Dhanis déclarait tout platement que «la Russie ne pouvait être consacrée par le Pape, sans que cet acte prît une allure de défi, tant à l'égard de la hiérarchie séparée, qu'à l'égard de l'Union des Républiques Soviétiques. Ceci rendrait la Consécration pratiquement irréalisable ...» Dhanis déclarait donc que la Consécration de la Russie serait «moralement impossible en raison des réactions qu'elle devait normalement susciter32.»
La démolition du Message de Fatima par Dhanis est un exemple typique de la manière dont les modernistes sapent les vérités catholiques en les basant sur des principes qu'ils inventent eux-mêmes. Puisque (principe inventé) la Consécration de la Russie est moralement impossible, comment Notre-Dame de Fatima aurait-Elle pu la requérir? Ayant ainsi truqué la présentation contre Sœur Lucie, Dhanis déclare «l'inévitable» conclusion: «Mais la Très Sainte Vierge aurait-Elle pu requérir une consécration qui, en toute rigueur de termes serait pratiquement irréalisable? … Cette question semble en vérité appeler une réponse négative … Ainsi, il semble à peine probable que Notre-Dame ait demandé la Consécration de la Russie …» Basé entièrement sur le principe que Dhanis a inventé, le témoignage de Sœur Lucie est taxé de fraude.
Telle est précisément la ligne adoptée par le Cardinal Sodano et ses fonctionnaires du Vatican: il était absolument impossible que la Mère de Dieu ait fait une requête aussi gênante diplomatiquement qu'une consécration publique de la Russie: et donc il nous faut, une fois pour toutes, nous débarrasser de cette questions embarrassante. Et c'est cette ligne, la Ligne du Parti, que confirme le Cardinal Ratzinger dans son «commentaire» en qualifiant Dhanis «d'éminent connaisseur» de Fatima. Le Cardinal Ratzinger, suivant la Ligne du Parti, suggère que le Troisième Secret se compose «des images que Sœur Lucie peut avoir vues dans des livres de piété et dont le contenu provient d'anciennes intuitions de foi.» En d'autres termes, qui peut dire vraiment quelles parties du Troisième Secret sont authentiques et lesquelles sont des souvenirs purement personnels ou des «intuitions»? Et si cela était du Troisième Secret, ce serait aussi vrai du reste du Message de Fatima.
L'essai furtif du Cardinal Ratzinger de saper la crédibilité de Sœur Lucie, tout en professant grand respect pour le Message de Fatima, sera repris dans le chapitre suivant. Il suffit de dire ici que l'accord évident du Cardinal Ratzinger avec Dhanis sur le fait que tous les éléments spécifiquement prophétiques du Message ne sont pas fiables, sert à le disqualifier de toute «interprétation» du Troisième Secret, ou de toute autre partie du Message de Fatima. Tout simplement, le Cardinal Ratzinger ne croit pas que la Mère de Dieu ait demandé la Consécration de la Russie, la conversion de la Russie à la Foi Catholique, le Triomphe de Son Cœur Immaculé et l'établissement dans le monde entier de la dévotion spécifiquement catholique au seul et unique Cœur Immaculé. Puisqu'il en est ainsi, le Cardinal se devait de révéler son préjugé et de s'abstenir de cette affaire, au lieu de prétendre donner une «interprétation» qui est en réalité une tentative de démonter et de discréditer ce qu'il veut paraître «interpréter.»
Que restait-il du Message de Fatima quand le Cardinal Ratzinger et Bertone en ont disposé le 26 juin? Sur ce point sont tous d'accord, le Cardinal Ratzinger, Monseigneur Bertone et Dhanis: «Ce qui reste, nous l'avons vu dès le début de notre réflexion sur le texte du “secret”: l'exhortation à la prière comme chemin pour le “salut des âmes” (sic) et, dans le même sens, l'appel à la pénitence et à la conversion.» Le 26 juin 2000, le Message de Fatima devint l'Eau de Rose de Fatima: une prescription délavée pour piété personnelle sans aucun rapport spécifique avec le futur.
Est-ce pour cela que la Mère de Dieu est venue sur la terre et a fait descendre le Miracle du Soleil? Il est intéressant de noter que même en présentant cette version minimaliste du Message, le Cardinal Ratzinger n'a pas pu écrire sur le salut des âmes sans mettre ces mots entre guillemets avec les mêmes signes de ponctuation dédaigneux qu'il a utilisés pour se tenir à distance des mots dévotion, triomphe et immaculé dans son commentaire. Il semble même que Eau de Rose de Fatima n'est pas assez léger dans son contenu catholique pour les palais œcuméniques des ecclésiastiques modernes.
Quant à l'avertissement prophétique de Notre-Dame: «plusieurs nations seront anéanties» si la Consécration de la Russie n'était pas faite, cela nous sommes apparemment censés l'oublier. Il n'y aura pas d'anéantissement des nations, «Fatima est complètement dans le passé.» Le Cardinal Sodano en dit autant. Le Cardinal Ratzinger est d'accord.
La Ligne du Parti
sur la Consécration de la Russie
Nous avons mentionné le rôle de l'Archevêque Bertone dans TMF. Ses principales contributions à la farce furent au nombre de deux:
D'abord, Bertone a donné «l'ordre» (contraignant pour personne, bien sûr) que les fidèles doivent cesser de demander la Consécration de la Russie: Donc, «toute discussion, toute nouvelle pétition [de la Consécration] est sans fondement.»
Pour soutenir cette revendication, Bertone a cité rigoureusement une seule pièce à conviction «la lettre du 8 novembre 1989» de «Sœur Lucie», à Monsieur Noelker, manifestement truquée, que nous avons déjà mentionnée. La même lettre où «Sœur Lucie» écrit à propos d'une consécration du monde par le Pape Paul VI à Fatima dont elle n'a jamais été témoin puisqu'elle n'a jamais eu lieu. Fait assez frappant: Bertone omet d'identifier le destinataire de la lettre. Et il ne fournit au monde aucune copie à examiner, de peur qu'on remarque la fatale bévue concernant la non-existence de «la consécration du monde» par le Pape Paul VI. Fait plus frappant encore: TMF ne contient absolument aucun témoignage direct de Sœur Lucie elle-même sur la Consécration, bien que Bertone lui-même l'ait rencontrée, à propos du Troisième Secret, seulement deux mois plus tôt, et qu'elle fût entièrement à la disposition du Cardinal Ratzinger et de tout le Vatican pendant la cérémonie de béatification en mai.
Chose un peu étonnante: la version TMF de la «Consécration de la Russie» — autant dire la version du Cardinal Sodano — contredit carrément toute une vie de témoignage du contraire par Sœur Lucie. Nous considérons ici quelques exemples.
Il y a plus de 55 ans le 15 juillet 1946, l'éminent auteur et historien, William Thomas Walsh a rencontré Sœur Lucie, ce qu'il a rapporté dans son œuvre importante: Notre-Dame de Fatima, vendue à plus d'un million d'exemplaires. Au cours de cette entrevue qui apparaît à la fin du livre, Monsieur Walsh a posé ses questions explicites sur la procédure correcte pour la Consécration Collégiale:
Finalement, nous en sommes venus au sujet important du second secret de juillet, dont on a publié tant de versions différentes et contradictoires. Lucie a dit clairement que Notre-Dame n'a pas demandé la Consécration du monde à Son Cœur Immaculé. Ce qu'Elle a demandé spécialement, c'était la Consécration de la Russie. Elle n'a pas commenté, bien sûr, le fait que le Pape Pie XII ait consacré le monde, et non la Russie, au Cœur Immaculé en 1942. Mais elle a répété plusieurs fois et avec une insistance délibérée: «Ce que veut Notre-Dame, c'est que le Pape et tous les évêques du monde consacrent la Russie à Son Cœur Immaculé le même jour spécial. Si cela se fait, Elle convertira la Russie et il y aura la paix. Si cela ne se fait pas, les erreurs de la Russie se répandront sur tous les pays du monde33.»
Sœur Lucie est claire et sans détours. La consécration collégiale requise par le Ciel est la Consécration de la Russie, et non du monde, qui doit être faite par le Pape en union avec les évêques du monde le même jour.
Puis, il y a la révélation peu connue de Notre-Dame à Sœur Lucie au début des années 1950, qui est rapportée dans Il Pellegrinaggio Della Meraviglie, publié sous les auspices de l'Episcopat italien. La Vierge Marie est apparue à Sœur Lucie en mai 1952 et a dit; «Fais savoir au Saint-Père que j'attends toujours la Consécration de la Russie à Mon Cœur Immaculé. Sans cette consécration, la Russie ne pourra se convertir, ni le monde avoir la paix34.»
Donc, 10 ans après la Consécration du monde par le Pape Pie XII en 1942, nous avons le rapport de Notre-Dame rappelant à Sœur Lucie que la Russie ne sera convertie et il n'y aura la paix, que si la Russie est nommément consacrée.
Trente ans plus tard, en 1982, le témoignage de Sœur Lucie demeure inchangé. Le 12 mai 1982, la veille de l'essai de consécration de 1982, le propre journal du Vatican, L'Osservatore Romano, a publié une entrevue de Sœur Lucie avec le Père Umberto Maria Pasquale, prêtre salésien, au cours de laquelle elle a dit au Père Umberto que Notre-Dame n'avait jamais requis la Consécration du monde, mais seulement la Consécration de la Russie:
A un certain moment, je lui ai dit: «Sœur, j'aimerais vous poser une question. Si vous ne pouvez me répondre, soit! Mais si vous pouvez répondre, je vous en serais très reconnaissant ... Notre-Dame vous a-t-elle jamais parlé de la Consécration du monde à Son Cœur Immaculé?»
«Non, Père Umberto! Jamais! A la Cova da Iria en 1917 Notre-Dame avait promis: “Je reviendrai demander la Consécration de la Russie …” En 1929, à Tuy, comme Elle l'avait promis, Notre-Dame est revenue me dire que le moment était venu de demander au Saint-Père la Consécration de ce pays-là (la Russie).»
Ce témoignage fût confirmé par Sœur Lucie dans une lettre calligraphiée au Père Umberto, que le prêtre a également publiée (voir reproduction photographique suivante). Voici une traduction de cette lettre:
Révérend Père Umberto, en réponse à votre question, je veux préciser: Notre-Dame de Fatima dans Sa requête, a cité seulement la Consécration de la Russie. ... Coimbra 13 IV -1980 — (Signée) Sœur Lucie

Le 19 mars 1983, de nouveau, à la requête du Saint-Père, Sœur Lucie a rencontré le Nonce du Pape, l'Archevêque Portalupi, le Docteur Lacerda, et le Père Messias Coelho. Au cours de cette rencontre, Sœur Lucie a confirmé que la Consécration du Pape Jean-Paul II de 1982 n'a pas accompli les requêtes de Notre-Dame. Sœur Lucie a dit:
Dans l'acte d'offrande du 13 mai 1982, la Russie n'est pas apparue nettement comme étant l'objet de la consécration. Et chaque évêque n'a pas organisé dans son diocèse une cérémonie publique et solennelle de réparation et de consécration de la Russie. Le Pape Jean-Paul II a simplement renouvelé la consécration du monde fait par Pie XII le 31 octobre 1942. De cette consécration de monde, on peut espérer certains bienfaits, mais non pas la conversion de la Russie35.
Elle concluait: «La Consécration de la Russie n'a pas été faite comme Notre-Dame l'avait exigée. Je n'ai pas pu le dire, parce que je n'avais pas la permission du Saint Siège36.»
Un an plus tard, le 25 mars 1984, le Pape Jean-Paul II a fait un acte d'offrande, où de nouveau, il a consacré «le monde», pas la Russie. Comme pour la consécration de 1982, «chaque évêque n'a pas organisé dans son propre diocèse une cérémonie publique et solennelle de réparation et de Consécration de la Russie.» Par rapport à cette cérémonie, le Frère François écrit: «Dans les mois qui suivirent l'Acte d'offrande du 25 mars 1984, qui n'était donc qu'un renouvellement de celui de 1982, les principaux experts de Fatima s'accordaient à dire que la Consécration de la Russie n'avait pas encore été faite comme le voulait le Ciel37.»
Telle était aussi la conviction de Père Antonio Maria Martins38, et du Père Messias Coelho qui, à la veille du 25 mars 1984, avait annoncé dans Mensagem de Fatima, dont il est éditeur-rédacteur, «Consécration de la Russie: Ce ne sera pas encore cette fois-ci.» Il expliqua plus loin: «Il est sûr que le plus contient le moins. Apparemment donc la Consécration du monde donnera peut-être l'impression de pouvoir se substituer à celle de la Russie. Cependant, le problème ne peut être résolu en termes logiques, ni même à la lumière d'une théologie systématique39.»
Ces théologiens basaient leurs déclarations non seulement sur le fait patent qu'une Consécration de la Russie nécessite la mention du mot «Russie», mais aussi sur le témoignage de Lucie elle-même.
Le jeudi 22 mars 1984, deux jours avant l'acte d'offrande, le Carmel de Coimbra célébrait le soixante-dix-septième anniversaire de Sœur Lucie. Elle reçut ce jour-là, selon sa coutume, sa vieille amie Madame Eugénia Pestana. Après avoir présenté de bons vœux à son amie carmélite, Madame Pestana demanda ensuite: «Alors, Lucie, dimanche, c'est la consécration?» Sœur Lucie qui avait déjà reçu et lu le texte de la formule de consécration du Pape fit un signe négatif et déclara: «Cette consécration ne peut avoir un caractère décisif40.»
Le «caractère décisif» qui est le sceau de la consécration propre est la conversion miraculeuse de la Russie. Même si la nouvelle «orientation œcuménique» de l'Eglise a jeté la confusion sur le but à atteindre, la conversion de la Russie veut dire la conversion au Catholicisme. Ce n'est pas seulement une affaire de sens commun, mais on le trouve aussi dans le témoignage du Père Joaquin Alonso, probablement le premier des experts de Fatima du 20ème siècle. Le Père Alonso, qui eut beaucoup d'entrevues avec Sœur Lucie, a écrit en 1976:
... nous devrions affirmer que Lucie a toujours pensé que la “conversion” de la Russie ne doit pas se limiter au retour du peuple russe aux religions chrétiennes orthodoxes, en rejetant l'athéisme marxiste des Soviets, mais que plutôt cela signifie purement, franchement et simplement la conversion de la Russie à la seule véritable Eglise du Christ, l'Eglise Catholique41.
Dans une entrevue en 1985 avec Sol de Fatima, on interrogea Sœur Lucie pour savoir si le Pape avait accompli la requête de Notre-Dame en consacrant le monde en 1984. Sœur Lucie répliqua: «Il n'y a pas eu de participation de tous les évêques et il n'y a pas eu mention de la Russie.» Puis on lui demanda: «Donc la Consécration n'a pas été faite comme l'a requise Notre-Dame?» à quoi elle a répondu: «Non, beaucoup d'évêques n'ont attaché aucune importance à cet acte42.»
Même le Père René Laurentin, camarade des progressistes, a reconnu en 1986 que «Sœur Lucie est restée insatisfaite43 ... Lucie semble penser que la Consécration “n'a pas encore été faite” comme le voulait la Vierge44.»
Puis le 20 juillet 1987, Sœur Lucie eut une rapide entrevue hors de son couvent au cours d'un vote. Elle a dit alors au journaliste Enrique Romero que la Consécration de la Russie n'a pas été faite selon la demande45.
On pourrait citer d'autres affirmations de Sœur Lucie sur le fait que la Consécration de 1984 n'a pas accompli les conditions du Ciel46, mais la question est réglée: Monseigneur Bertone et le Cardinal Ratzinger, suivant la Ligne du Parti de Sodano, se sont appuyés entièrement sur une seule lettre, manifestement fausse, pour triompher de plus de cinquante ans de témoignage invariable de la part de Sœur Lucie sur les exigences du Ciel pour une consécration valide de la Russie. Ils n'avaient pas osé interroger Sœur Lucie eux-mêmes sur la question ou, s'ils avaient osé, elle n'avait pas fourni des réponses en rapport avec la Ligne du Parti47.
La Ligne du Parti sur Fatima et la Paix Mondiale
Ceci nous amène à la seconde contribution de Monseigneur Bertone à la farce. Elle s'est présentée sous la forme de cette déclaration:
La décision du Pape Jean-Paul II de rendre publique la troisième partie du «secret» de Fatima conclut une période de l'histoire, marquée par de tragiques volontés humaines de puissance et d'iniquité, mais pénétrée de l'amour miséricordieux de Dieu et de la vigilance prévenante de la Mère de Jésus et de l'Eglise.
Il est difficile de trouver des mots pour exprimer le caractère injurieux de cette déclaration. La Ligne du Parti de Sodano y expose sérieusement que toute une ère d'avidité humaine de pouvoir et de mal est parvenue à sa fin avec la «révélation» vaticane de la vision ambiguë d'«un Evêque vêtu de Blanc.» Auquel cas, pourquoi le Vatican a-t-il attendu quarante ans pour apporter au monde la paix, alors qu'il suffisait, selon Monseigneur Bertone, de monter une conférence de presse en 1960 pour publier cette vision?
Le Cardinal Sodano a compris évidemment son obligation de fournir aux fidèles quelque sorte de feinte pour tenir lieu du triomphe du Cœur Immaculé, qui ne s'était jamais concrétisé à la suite de la «Consécration de la Russie» en 1984. La conférence de presse du 26 juin 2000 fut alors présentée comme le point culminant du Message de Fatima!
Mais en quelque sorte Monseigneur Bertone et le Cardinal Ratzinger également avaient réussi à ignorer les implications évidentes de la lettre du 12 mai 1982 de Sœur Lucie au Pape, qu'ils avaient eux-mêmes (en partie) photocopiée dans TMF:
Et si nous ne constatons pas encore la réalisation totale de la fin de cette prophétie, nous voyons que nous nous y acheminons peu à peu à grands pas48. Si nous ne renonçons pas au chemin de péché, de haine, de vengeance qui viole les droits de la personne humaine, d'immoralité et de violence, etc.
Et ne disons pas que c'est Dieu qui ainsi nous punit; au contraire, ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment.
Cette lettre de 1982 ne fait absolument aucune référence à la tentative d'assassinat de 1981. Encore moins considère-t-elle la tentative comme quelque sorte d'accomplissement du Troisième Secret. De toute évidence un an après la tentative, Sœur Lucie demeurait inquiète d'un châtiment mondial en conséquence du manquement de l'Eglise à tenir compte des impératifs du Message de Fatima. Elle n'écrivait certainement pas au Pape sur le triomphe du Cœur Immaculé, mais plutôt sur l'anéantissement des nations.
Il est très curieux également que la même lettre de Sœur Lucie (que Ratzinger et Bertone nous disent avoir été adressée au Pape Jean-Paul II) contient l'expression: «La troisième partie du Secret que vous êtes si avide de connaître (que tanto ansiais por conhecer).» Pourquoi le Pape serait-il «si avide de connaître» la troisième partie du Secret s'il avait déjà le texte en sa possession au Vatican, où il réside depuis 1957? Pourquoi Sa Sainteté serait-elle «si avide de connaître» ce qu'elle avait déjà lu en 1981 (selon la déclaration Bertone/Ratzinger), ou dès 1978, comme l'a dit à la presse portugaise le porte-parole du Pape Joaquin Navarro-Valls?
Il est grandement suspect que l'expression «que vous êtes si avide de connaître» soit supprimée dans toute la traduction vaticane de la lettre originale portugaise dans les versions en différentes langues du commentaire Cardinal Ratzinger/Bertone. Même la version en langue portugaise de TMF omet l'expression «que vous êtes si avide de connaître» dans la reproduction portugaise à la machine de la lettre originale. Il est clair que le personnel du Vatican voulait éviter une tempête de questions pour savoir comment le Pape pouvait être avide de savoir quelque chose qu'il savait déjà. Mais au moment où les journalistes pouvaient comparer leurs traductions avec la lettre portugaise originale, la conférence de presse était finie et on ne pouvait poser de questions supplémentaires.
On peut tirer deux conclusions: ou bien la lettre n'a pas vraiment été écrite au Pape, ou bien il y avait quelque chose de joint au Secret que le Pape ne savait pas vraiment à la date du 12 mai 1982, date de la lettre prétendue de Sœur Lucie. Comme dit le célèbre aphorisme de Walter Scott: «Oh! quelle toile enchevêtrée nous tissons, quand nous nous mettons à pratiquer le mensonge49.» Le premier mensonge — Fatima appartient au passé — mène à une toile enchevêtrée d'autres mensonges afin d'occulter le premier.
Le Père Gruner pour Cible
Mais il y avait plus à faire dans cette campagne pour enterrer Fatima dans le passé. Que faire du «prêtre de Fatima», dont les publications et émissions de l'œuvre, avec persistance et grande efficacité, ramenaient la question que le Vatican, poursuivant sa nouvelle vision de l'Eglise, avait tourné le dos aux requêtes de la Vierge? A la fin de la conférence de presse du 26 juin, le Cardinal Ratzinger est sorti de son propos pour mentionner nommément le Père Gruner, déclarant que le Père Gruner doit être «soumis au Magistère» sur la question de la Consécration de la Russie, qui (selon la Ligne du Parti) était désormais terminée et achevée. Mais le Magistère — le Bureau officiel de l'enseignement de l'Eglise — n'avait rien enseigné de ce genre. Il n'y avait que l'interprétation de Fatima par Sodano, «l'essai» non contraignant de TMF de faire disparaître toute explication du contenu prophétique spécial du Message de Fatima50 (en ne retenant que la prière et la pénitence.)
Pour engager cette persécution, la Congrégation Vaticane pour le Clergé avait envoyé au Père Gruner, seulement quelques jours avant la conférence de presse du 26 juin, une lettre contenant la menace ahurissante qu'il serait excommunié de l'Eglise Catholique. Cette lettre fut suivie d'un communiqué aux évêques des Philippines (où l'œuvre du Père Gruner est vigoureusement soutenue), avisant que le Père Gruner serait excommunié si (entre autres exigences) «il ne se réconciliait avec les autorités de l'Eglise» — c'est à dire ne retournait au Diocèse d'Avellino, ne fermait son œuvre et ne s'inclinait devant la Ligne du Parti à propos de Fatima. Pour sa part, l'évêque d'Avellino n'avait jamais eu besoin des services du Père Gruner, ne l'avait jamais soutenu financièrement depuis 1978, n'avait jamais pris aucune mesure pour lui assurer un visa d'immigration adapté pour le «retour» à Avellino. L'évêque d'Avellino n'était rien qu'un pion sur l'échiquier du Secrétaire d'Etat. (Nous aurons plus à dire dans les chapitres ultérieurs sur ce travestissement.)
Dans ses réflexions sur le Père Gruner à la fin de la conférence de presse du 26 juin, le Cardinal Ratzinger avait aussi remarqué que le Père Gruner souffrait sans doute d'angoscia — terme italien pour désigner l'extrême angoisse mentale. Le Cardinal Ratzinger, de toute évidence, était au courant de la menace d'excommunication qui provoquerait en vérité angoscia en tout prêtre fidèle qui aime l'Eglise. Mais l'état du Père Gruner n'est qu'emblématique de l'état de l'Eglise dans son ensemble à l'époque post-conciliaire: un prêtre qui n'a commis aucun délit contre la foi et les mœurs est menacé personnellement d'excommunication par la tête même de la Congrégation pour le Clergé, alors que dans toute l'Eglise, des prédateurs en col romain tourmentent les enfants de chœur et répandent l'hérésie, tandis que les évêques les déplacent et cachent leurs activités et les protègent de tout châtiment et que la Congrégation pour le Clergé ne fait rien.
Qu'est-ce qui va expliquer cette outrageante disparité de justice? Une seule explication logique, nous semble-t-il, basée sur ce que nous avons montré jusqu'ici: dans l'Eglise Catholique de l'Adaptation post-conciliaire: le seul délit impardonnable, tout comme dans la Russie stalinienne, c'est de résister à la Ligne du Parti. Et le Père Gruner avait résisté à la Ligne du Parti à propos de Fatima.
Sort Notre-Dame, Entre Gorbachev
Nous avons déclaré que cette dérision et occultation du Message de Fatima — la Ligne du Parti sur Fatima — avait pour but de l'enterrer une fois pour toutes, de sorte que le Cardinal Sodano pût poursuivre la nouvelle orientation de l'Eglise. En voici la preuve explicite:
Fatima ayant été «déboulonné en douce» (pour citer le Los Angeles Times) par le Cardinal Ratzinger et Monseigneur Bertone le 26 juin, le personnel du Vatican, à la suite du Cardinal Sodano, est descendu à ce qu'il considère comme l'affaire sérieuse de l'Eglise. Le lendemain même Mikhail Gorbachev siégeait comme hôte d'honneur entre les Cardinaux Sodano et Silvestrini à une «conférence de presse» du Vatican. Quel était le but de cette conférence de presse? Elle était rassemblée pour célébrer l'un des éléments-clés de la nouvelle orientation de l'Eglise: l'Ostpolitik, la politique de «dialogue» et de compromis avec les régimes communistes (dont la Chine Rouge) qui persécutent l'Eglise. L'occasion immédiate de la conférence de presse était la publication posthume des mémoires du Cardinal Casaroli, grand propagandiste de l'Ostpolitik, et prédécesseur du Cardinal Sodano dans la mise en vigueur de la Ligne du Parti par le Secrétaire d'Etat51.
Selon la vraie méthode stalinienne, aucune question de la part de la presse ne fut autorisée à cette curieuse «conférence de presse» — une conférence de presse sans aucune question de la part de la presse! Le Vatican voulait évidemment être sûr que personne ne résiste à la Ligne du Parti avec des questions sur Fatima ou sur les raisons du Vatican pour honorer des hommes comme Mikhail Gorbachev, qui se reconnaît encore léniniste et dont les fondations non-imposables favorisent l'usage de l'avortement et de la contraception pour éliminer quatre milliards de personnes de la population mondiale52. Et sans mentionner encore la défense publique de ce personnage abreuvé de sang lors de l'invasion soviétique en Afghanistan quand il était encore à la tête du Parti Communiste Soviétique — campagne génocide qui comportait la pose de bombes déguisées en jouets pour faire sauter les membres et les têtes des enfants afghans53.
Pourrait-il y avoir une démonstration plus spectaculaire de l'opposition fondamentale entre l'Eglise de tout temps et l'Eglise de l'Adaptation? Le 26 juin 2000, on a montré la porte à Notre-Dame, Son Message Céleste fut effrontément censuré et révisé par des hommes qui voulaient le consigner à l'oubli. Puis le lendemain, Mikhail Gorbachev entrait au Vatican pour célébrer la nouvelle orientation de l'Eglise exécutée par le défunt Cardinal Casaroli et par son successeur, le Cardinal Sodano.
Gorbachev, à la tête de la culture de mort, fut encore honoré par le Vatican de nouveau le 4 novembre 2000 où il fit un discours au Pape et autres prélats, lors du «Jubilé des Politiciens» — un dîner de gala pour environ 5 000 chefs d'Etat du monde, gouvernants de Républiques civiles sans Dieu. Les photographes ont saisi le Pape en train d'écouter très attentivement un discours prononcé par ce promoteur-clé de l'holocauste de l'avortement54. Ce mélange grotesque d'un Jubilé — tradition spirituelle dans l'Eglise, héritée d'une coutume de l'Ancien Testament — avec des discours sur des affaires civiles par des politiciens pro-avortement, c'est seulement typique de la nouvelle orientation qui cherche constamment à fondre l'Eglise avec le monde dans la grande Adaptation du Catholicisme Romain à la «civilisation moderne».

Vladimir Lénine, le mauvais génie de la Révolution Communiste de Russie en 1917, sans qui, selon l'accord des historiens, la Révolution Russe n'aurait pas réussi. Selon lui-même, deux principes fondamentaux pour établir et répandre la révolution mondiale communiste: le principe du terrorisme (stratégiquement utilisé) ainsi que le principe que «le mensonge est sacré.» En d'autres termes, Lénine a enseigné: si le mensonge favorise la Révolution Communiste, en toute circonstance où se trouve un agent (ou des agents) communiste(s), alors, selon Lénine, mentir est un devoir sacré pour lui (pour eux). Mais parce que le mensonge peut être découvert, si le premier mensonge dit par l'agent n°1 ne concorde pas avec le second mensonge dit par l'agent n°2, Lénine en arrivait à la nécessité d'un mensonge commun que tous les agents répéteraient pour être d'accord devant le public général. C'est ce mensonge général commun qui est désigné par la «Ligne du Parti.» C'est ce qui est développé plus loin dans le chapitre suivant, où il est également expliqué comment fonctionne une «Ligne du Parti» à l'intérieur de l'Eglise Catholique pour détruire Fatima.
Notes:
1. «The Moscow Patriarchate and Sergianism (Le Patriarcatat de Moscou et le Sergianisme),» Boris Talantov, tiré de Russia's Catacomb Saints (Les Saints des Catacombes en Russie), (St. Herman of Alaska Press, Platina, Californie, 1982), pp. 463-486.
2. «The Moscow Patriarchate and Sergianism, An Essay by Boris Talantov (Le Patriarcatat de Moscou et le Sergianisme, Essai de Boris Talantov),» www.orthodoxinfo.com/resistance/cat_tal.htm.
3. Remarques du 17 janvier 1998, à la Conférence de l'Aide à l'Eglise en Russie. www.catholic.net/rcc/Periodicals/Faith/1998-03-04/Russia.html. Réédité dans The Catholic Dossier (Le Dossier Catholique), mars/avril 1998, p. 4.
4. L'Osservatore Romano, 26-27 mars 1984, pp. 1 et 6.
5. Avvenire, 27 mars 1984, p. 11.
6. Le Père Fabrice Delestre «Fatima: Why Isn't the Mother of God Being Obeyed as She Should Be? (Fatima: Pourquoi N'obéit-On Pas à la Mère de Dieu Comme On Devrait?),» (Angelus, juin 2000), Vol. 23, n° 6. Voir aussi Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial (Contre-Réforme Catholique, France, 1991), p. 364.
7. Les remarques du Père Maurer ont paru dans un entretien du Catholic World Report (Rapport du Mondial catholique), février 2001. Un synopsis et un commentaire de cet entretien a été publié dans «The Myth of a Converted Russia Exposed (Exposé sur le Mythe d'une Russie Convertie),» de Marian Horvat (Ph.D.), Catholic Family News, mars 2001.
8. Voir Mark Fellows «This Present Darkness (Ces Ténèbres Actuelles),» Partie III, Catholic Family News, octobre 2000.
9. En ce qui concerne l'alcool en Russie, des chercheurs ont conclu, «Le taux de consommation d'alcool en Russie, traditionnellement parmi les plus hauts du monde et en augmentation significative dans les années 1990, est un facteur majeur de la crise nationale de santé ... L'alcoolisme a atteint des proportions épidémiques, particulièrement chez les hommes ... Une étude russe de 1995 a montré que l'état régulier d'ivresse affectait entre 25 et 60 pour cent des travailleurs ... En 1994 quelque 53 000 personnes sont mortes par empoisonnement de l'alcool, augmentation d'environ 36 000 depuis 1991.» Dans les dix ans qui ont suivi la prétendue conversion de la Russie, il y a eu aussi forte augmentation d'usage illégal de drogue. «En 1995, on estimait que 2 millions de Russes usaient de narcotiques, plus de vingt fois le total enregistré dix ans plus tôt dans toute l'Union Soviétique, le nombre d'usagers augmente de 50% tous les ans pour les années 90.» Tiré de Mark Fellows «This Present Darkness (Ces Ténèbres Actuelles),» Partie II, Catholic Family News, septembre 2000.
10. «Satanism on the Rise in Russia (La Montée du Satanisme en Russie),» recueilli par John Vennari. Voir www.fatima.org/satanism.html.
11. «Russia Legalizes Homosexuality (La Russie Légalise L'Homosexualité),» United Press International, 28 mai 1993. Pour citer le début de l'article, «Les activistes homosexuels de Russie ont célébré vendredi une victoire majeure pour les droits des gays dans la Russie post-soviétique à la suite du retrait officiel de l'article 121 du Code criminel soviétique, qui excluait l'homosexualité entre hommes. “C'est une grande nouvelle pour les gays et les lesbiennes en Russie” dit Vladislav Ortanov, rédacteur en chef de la revue gay de Moscou Risk.»
12. «Un Promoteur Dit Que Seront Difficiles Les Poursuites Pour Pornographie Auprès des Enfants en Indonésie, en Russie,» Christine Brummitt, Associated Press, 9 août 2001. (C'est nous qui soulignons).
13. «Big Brotherski goes too far for Staid Russians (Big Brotherski va trop loin pour les Russes Sérieux),» Mark Franchetti, Sunday Times (London), 25 novembre 2001.
14. «New Visa System Seen Choking Russia's Catholic Parishes (Le Nouveau Système de Visas Paraît Etouffer les Paroisses Catholiques du Russie),» Russia Reform Monitor, n° 485, 28 juillet 1998. Egalement, «Catholic Clergy in Siberia Face Growing Visa Difficulties (Le Clergé Catholique en Sibérie Fait Face à de Croissantes Difficultés de Visa),» Catholic World News, 19 novembre 1997.
15. Sarah Karush, «Foreign Priests Spark Controversy (Les Prêtres Etrangers Provoquent la Controverse),» Associated Press, 12 février 2002.
16. Radio Free Europe Report, 20 juin 2001.
17. Ibid. Voir aussi Catholic News Service, 17 février 2002.
18. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 374.
19. Pour un bon traité du mensonge dans la lettre de Noelker, voir Mark Fellows, «This Present Darkness (Ces Ténèbres Actuelles),» Partie II, Catholic Family News, septembre 2000.
20. Le principe qui exige que l'autorité soit exercée au niveau le plus bas possible pour éviter la tyrannie par centralisation excessive du gouvernement. Par exemple, le budget d'une ville devrait être déterminé par le Conseil Municipal, non par l'Etat, ou le Gouvernement Fédéral.
21. Dans l'ancienne structure, avant 1967, le Pape présidait à la Curie Romaine. Dans la nouvelle structure, depuis 1967, c'est le Secrétaire d'Etat du Vatican qui préside à la Curie Romaine. Le lecteur est invité à vérifier l'Annuario Pontificio à la fois avant et après 1967 pour voir le changement de structure de la Curie Romaine.
22. Un prêtre français a montré le document maçonnique, entre autres, au prêtre américain le Père Paul Kramer.
23. Paul Fisher Their God is the Devil (Leur Dieu, c'est le Démon), (American Research Foundation, Washington, D.C., 1990), p. 40.
24. Voir Francis Alban et Christopher Ferrera, Fatima Priest (Le Prêtre de Fatima), Quatrième Edition, (Good Counsel Publications, Pound Ridge, New York, 2000), Chap. 12, 14, 17-22; App. I, App. II.
25. Pour les détails des «procédés» longs et tortueux afin de réduire au silence le Père Gruner, le lecteur peut consulter Fatima Priest (Le Prêtre de Fatima), (Quatrième Edition), A Law For One Man (Une Loi pour Un Seul Homme) (tous deux disponibles Fatima Center, 17000 State Route 30, Constable, New York 12926) ou visiter le site Internet de Fatima www.fatima.org.
26. Sur les tergiversations concernant la cérémonie de Béatification et ce qui s'y rapporte, voir le quotidien Correio de Manhã du 14 octobre 1999, l'article, p. 12; l'hebdomadaire Jornal de Leiria du 14 octobre 1999, p. 24; l'hebdomadaire A Ordem du 21 octobre 1999, p. 1; l'hebdomadaire officiel du Patriarcat de Lisbonne Voz da Verdade du 31 octobre 1999, p. 6; l'article intitulé «La Béatification des Petits Bergers se fera Certainement à Rome»; l'hebdomadaire officiel du Patriarcat de Lisbonne Voz da Verdade du 5 décembre 1999, titrait, «Le Pape retournera au Portugal; Fatima est le lieu de la Béatification,» un article dans Euronoticias du 24 mars 2000, p. 8, intitulé «l'évêque de Leiria-Fatima,» Conférence de Presse du 21 mars; Euronoticias du 24 mars 2000, p. 8, «Crise: L'évêque de Leiria-Fatima Crée Un Mystère Autour de la Visite du Pape Sans Dire au Patriarche en Quoi elle Consiste, le Pape Révélera-t-il le Troisième Secret?»; Euronoticias du 24 mars, un article p. 9 intitulé, «Analyse: Des Personnes Qui Ont Etudié les Apparitions Disent que le Troisième Secret Pourrait Concerner la Destruction de la Foi. Une Crise Interne de l'Eglise, ce serait le Troisième Secret.»
27. Le Père Herman Bernard Kramer, The Book of Destiny (Le Livre de la Destinée), (1ère publication 1955, republié par TAN Books and Publishers, Inc., Rockford, Illinois, 1975), pp. 279-284.
28. Ibid.
29. Ibid.
30. Sur ce point, nous renvoyons le lecteur aux articles suivants, dans Euronoticias du 24 mars 2000, p. 8, intitulé «L'évêque de Leiria-Fatima.» Conférence de Presse du 21 mars; Euronoticias du 24 mars 2000, p. 8, «Crise: L'évêque de Leiria-Fatima Crée Un Mystère Autour de la Visite du Pape Sans Dire au Patriarche en Quoi elle Consiste, le Pape Révélera-t-il le Troisième Secret»?; Euronoticias du 24 mars, un article, p. 9 intitulé, «Analyse Des Personnes Qui Ont Etudié les Apparitions Disent que le Troisième Secret Pourrait Concerner la Destruction de la Foi. Une Crise Interne de l'Eglise, ce serait le Troisième Secret.»
31. Toute la thèse de Dhanis contre Fatima est expliquée et critiquée dans Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1983), Chap. 1, pp. 11-40. Toutes les citations concernant cette fausse théorie viennent de cette source.
32. Ibid.
33. William Thomas Walsh, Our Lady of Fatima (Notre-Dame de Fatima), (Image-Doubleday, New York, Imprimatur 1947), p. 221. Souligné dans l'original.
34. Il Pellegrinaggio Della Meraviglie, p. 440, Rome, 1960. Cette même oeuvre, publiée sous les auspices de l'épiscopat italien, affirme que ce message fut communiqué au Pape Pie XII en juin. Le Chanoine Barthas mentionna également cette apparition dans sa communication au Congrès Mariologique de Lisbonne-Fatima, en 1967; voir, De Primordiis cultus marianae, Acta Congressus mariologici-mariana in Lusitania anno 1967 celebrati, p. 517, Rome, 1970. Voir Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 280.
35. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 360.
36. Reporté dans un article du Père Pierre Caillon du Centre Saint Jean 61 500 Sées (Orne) France. Cet article fut publié par le mensuel Fidélité Catholique BP 217-56402. Auray Cedex, France. Traduction anglaise dans The Fatima Crusader, n° 13-14 (octobre-décembre 1983), p. 3.
37. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 364.
38. Voir Fatima e a Coraçao de Maria (Fatima et le Cœur de Marie), pp. 101-102.
39. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 364.
40. Ibid., p. 361.
41. La Verdad Sobre el Secreto de Fatima, Fatima sin Mitos (La Vérité sur le Secret de Fatima, Fatima sans Mythes) Père Joaquin Alonso (2e édition, (l'Armée Bleue) Ejercito Azul, Madrid, 1988), p. 78. Traduction anglaise de Joseph Cain. Voici l'Espagnol original: «... podriamos decir que Lucia ha pensado siempre que la “conversión” de Rusia no se entiende solo de un retorno de los pueblos de Rusia a la religion cristiano-ortodoxa, rachazando el ateismo marxista y ateo de los soviets, sino que se refiere pura y llanmente a la conversion total e integral de un retorno a la unica y verdadera Iglesia, la catolica-romana.» [«Nous pourrions dire que Lucie a toujours pensé que la «conversion» de la Russie ne signifiait pas seulement un retour des peuples de Russie à la religion chrétienne-orthodoxe, en rejetant l'athéisme marxiste et l'athéisme des soviets, mais qu'elle se référait purement et simplement à la conversion totale et intégrale pour un retour à l'unique et véritable Eglise Catholique Romaine.»]
42. Sol de Fatima, septembre 1985.
43. Chrétiens-Magazine, mars 1987, #8. Tiré de Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 373.
44. Père Laurentin, «Multiplication des Apparitions de la Vierge aujourd'hui,» p. 45, Fayard, septembre 1988. Tiré de Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 373.
45. Ce témoignage de Sœur Lucie a été rapporté début août 1987 dans l'édition de Para Ti publié en Argentine. Voir, World Enslavement or Peace … It's up to the Pope (l'Asservissement Mondial ou Paix ... C'est l'affaire du Pape),» Père Nicholas Gruner (Immaculate Heart Publishing, 1989), pp. 212-213.
46. Pour témoignage supplémentaires, voir chapitre XVIII de Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, pp. 429-441.
47. L'entretien rapporté le 17 novembre 2001, entre l'Archevêque Bertone et Sœur Lucie est traité en entier au chapitre 14, «Entendons le Témoin, pour l'Amour du Dieu.»
48. La traduction vaticane, «nous y allons peu à peu à grands pas» est nettement défectueuse. Les mots «peu à peu» n'apparaissent pas dans le manuscrit portugais original, publié le p. 9 dans TMF fourni par le Vatican lui-même. Nous avons donc communiqué notre propre traduction précise.
49. Marmion, Canto 6 stance 17, “Une Histoire de Champ Piétiné”. Poèmes de Sir Walter Scott.
50. Il faudrait noter que le Cardinal Ratzinger lui-même a dit, par rapport à l'interprétation vaticane du Troisième Secret, «l'Eglise ne veut pas imposer une interprétation.» Cette citation fut rapportée dans «Final Secret of Vatican published by Vatican» Boston Herald, 27 juin 2000; «Vatican's Secret is Out (Le Secret du Vatican est Sorti),» The Express, 27 juin 2000; «Vatican Unease as it Reveals the Full Third Secret of Fatima (Malaise au Vatican pour la Révélation Intégrale du Troisième Secret de Fatima),» Financial Times (London), 27 juin 2000; «Fatima: “Snapshot of Martyr's Past Century”» The Irish Times, 27 juin 2000.
51. Nouvelles de la Conférence de Presse du 27 juin 2000, «Gorbachev Helps Introduce Casaroli Memoirs (Gorbachev Aide à Présenter les Mémoires de Casaroli),» Catholic World News, 27 juin 2000.
52. En septembre 1995, Gorbachev a tenu son «Forum sur l'Etat Mondial» à San Francisco. Plus de 4 000 des «élites» mondiales ont payé 5 000 dollars par personne pour assister à cet événement de 5 jours. En une session plénière de clôture du forum, un philosophe/auteur nommé Sam Keen a fourni un résumé et des remarques de conclusion sur la conférence. Elle révèle une éthique anti-vie et anti-chrétienne du Forum. Aux participants à la conférence, Keen a dit, «Il est apparu un accord très net pour que les institutions religieuses prennent la responsabilité première de l'explosion de population. Nous devons parler beaucoup plus clairement de sexualité, de contraception, d'avortement, des valeurs qui contrôlent la population, parce que la crise écologique, en bref, est la crise de population. Diminuez la population de 90 % et il ne reste pas assez de population pour faire beaucoup de nuisances écologiques.» Voir «l'élite mondiale se rassemble pour parler de dépopulation» John Henry Western; The Interim, avril 1996.
53. Voir entretien avec l'officiel afghan Abdul Shams dans Review of the News, juillet 1985.
54. Photographie publiée dans Catholic Family News, janvier 2001, p. 13.

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