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Chapitre 11
Le Message de Fatima
Selon le Cardinal Ratzinger
Dans le chapitre 8, nous avons montré comment, en rapport avec la nouvelle orientation post-conciliaire, le Vatican a publié un «commentaire» — une Ligne du Parti — sur le Message de Fatima qui cherche à oblitérer tout contenu prophétique spécifique du Message de Fatima pour notre temps. Nous avons noté comment même un journal civil, le Los Angeles Times, a vu que le but de TMF était une tentative pour «déboulonner en douce» ce qu'on appelle «le culte de Fatima.»
Le lecteur devrait soutenir avec nous une confrontation dans un commentaire polémique éventuel de cette exégèse théologique plus détaillée de TMF, mais il n'est pas nécessaire pour nous de nous excuser d'être polémique, parce que, lorsque elle est nécessaire, la polémique est une bonne chose. La société d'aujourd'hui, de plus en plus, remplace la Foi Catholique par la foi dans les prétendues «sciences exactes.» Aujourd'hui, par conséquent, on n'a pas d'estime pour la science et l'art de la polémique dont le but est de défendre la Foi et l'Eglise contre les ennemis du Christ, qui est la Vérité. «Ho Polémos» est l'ancien mot grec pour guerre. Il n'y a rien de mal à engager la guerre pour la défense du Christ et de la Foi Catholique; mais ceux qui n'ont pas la foi, ou dont la foi est affaiblie, ne le comprendront pas parce qu'ils accordent trop de foi aux prétendues «sciences exactes.»
«L'introduction»
Déjà le second paragraphe de l'introduction du commentaire Bertone/Ratzinger sur le Troisième Secret contient un exemple de politique vaticane qui semble oublier à la fois l'histoire récente et la Théologie Morale:
Après les événements dramatiques et cruels du vingtième siècle, un des siècles les plus cruciaux de l'histoire de l'humanité, qui trouve son point culminant avec l'attentat sanglant envers le «doux Christ sur la terre.»
Que même la tentative d'assassiner le Pontife Suprême soit un crime haineux, aucun esprit droit n'en doutera. C'est en vérité passible d'excommunication, même dans le Code de Droit Canon de 1983, plutôt libéral. Cependant, la déclaration montre un manque tragique de proportion. Que «les événements dramatiques et cruels» auraient été à leur point «culminant» dans l'attentat à la vie du Pape c'est absolument hors de proportion et en grave mépris des soixante millions de victimes de Staline, plus les victimes de toutes les guerres du siècle qui vient de finir, et les cinquante-cinq millions de victimes de l'avortement chaque année! Le manque de proportion est infiniment pire dans son mépris de l'aspect surnaturel tel que le vrai «doux Christ sur la terre» du Tabernacle, dont la Présence Réelle est distribuée dans la main et lâchée sur la Place Saint-Pierre1, comme il arrive en des milliers d'autres lieux. Il y a un but dans cette déclaration et il réside, dans les commentaires du Cardinal Ratzinger, pour déjouer l'importance du Troisième Secret.
L'introduction de TMF déclare à la page suivante «il existe seulment un manuscrit, qui est ici reproduit photographiquement.» Ce serait une vérité déroutante, mais littérale si cela signifiait qu'un seul des manuscrits a été copié, mais à la lumière de la déclaration du Cardinal Ratzinger, que le Secret est publié ci-joint dans son «intégralité» (TMF, p p. 32, 40), il faut la considérer comme un mensonge. Il y a une montagne de preuves qu'en fait, il y a deux parties du Troisième Secret, la première étant la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc», prise dans les archives ou l'ancien Saint-Office et publiée le 26 juin 2000, et la seconde dans les appartements du Pape. La preuve est fournie de manière incontournable par un article où Monsieur Andrew Cesanek (cf. Chapitre 12) fait remarquer que le texte publié ne contient aucun mot de Notre-Dame. Donc, la présentation Ratzinger/Bertone du Troisième Secret manque totalement de crédibilité.
Sans accusation illicite d'un péché délibéré contre le Huitième Commandement, nous sommes néanmoins face au fait d'un mensonge imprimé — comme il n'y a eu aucune déclaration publique du contraire jusqu'à présent, il est virtuellement impossible de parler d'erreur quant au nombre de manuscrits. Qui et combien de personnes sont impliquées dans ce mensonge, cela n'a aucune importance, mais le mensonge publié comme tel, c'est d'importance théologique, même si c'était seulement une erreur, cela affecterait toute l'interprétation théologique présentée dans le document. Si c'est un mensonge, ce que nous croyons fermement, cela signifie donc que les interprétations théologiques et historiques présentées mènent délibérément vers une fausse conclusion ou un faux message. Cela s'appelle communément une fraude. Cela, comme nous le verrons, affecte beaucoup plus que la théologie évoquée dans les commentaires publiés.
Il est aussi d'importance théologique de voir les guillemets pour «secret» ainsi que pour «Notre-Dame.» Si une «apparition» dit que toutes les religions plaisent à Dieu, ce qui est hérésie et blasphème2, nous devrions mettre «Notre-Dame» entre guillemets, puisque nous savons que «l'apparition» est quelqu'un d'autre, très probablement un démon. Mais placer Notre-Dame entre guillemets pour une apparition qui a été approuvée par plusieurs Papes et prouvée par un miracle précis devant 70 000 témoins, communique un message: c'est-à-dire la possibilité que ce ne fût pas Notre-Dame après tout. En tant que pièce de ce puzzle de vérités, demi vérités, mensonges, ceci est hautement significatif.
Les pages suivantes de l'introduction de TMF réitèrent le mensonge sur l'accomplissement de la consécration, surtout la page 9 qui cite une lettre non signée de «Sœur Lucie» qui est, comme nous l'avons montré dans un chapitre précédent, et comme le montre aussi le Père Paul Kramer3, un faux manifeste. Le Fatima Crusader a suffisamment traité de ce mensonge dans le passé et il n'est pas nécessaire de le retracer ici. Dans le présent document, cependant, les anciennes citations de cette fausse lettre présentent un contexte explicatif pour les nouveaux mensonges.
Enfin, nous notons de nouveau l'incroyable déclaration de l'Archevêque Bertone en page 10 de l'introduction de TMF:
La décision du Pape Jean-Paul II de rendre publique la troisième partie du «secret» de Fatima conclut une période de l'histoire, marquée par de tragiques volontés humaines de puissance et d'iniquité, mais pénétrée de l'amour miséricordieux de Dieu et de la vigilance prévenante de la Mère de Jésus et de l'Eglise.
Différents articles déjà publiés ont suffisamment expliqué l'absurdité de cette déclaration au sens historique4. En vérité, historiquement parlant, c'est une déclaration idiote qui frôle la démence.
Or, l'Archevêque Bertone, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, n'est pas idiot ni dément. Il faut donc que cette déclaration soit de nature théologique. Le Père Gruner a suggéré à bon droit que selon Monseigneur Bertone, nous sommes censés croire que «la prétendue “chute du communisme” signifie que Fatima n'est plus applicable à la politique mondiale et que la conversion de la Russie n'est plus à mentionner5.» Ce n'est pas seulement une interprétation politique concernant la continuation de l'Ospolitik du Cardinal Casaroli et la relation étrangement intime du Pape avec le propagateur du génocide Gorbachev, mais c'est une analyse claire d'une théologie changée, capitale dans la nouvelle orientation de l'Eglise, une théologie appelée œcuménisme.
Pour le moment, les questions qui résultent de ces observations devront attendre, puisqu'on peut mieux les comprendre à la lumière de la théologie du Cardinal Ratzinger.
Le «Secret»
Dans la mesure où est concernée l'authenticité du texte publié, alors que le Père Gruner semble convaincu de son authenticité6, certaines questions se présentent: pourquoi Sœur Lucie — qui, vers 1944 avait sûrement lu la Sainte Ecriture et beaucoup de «livres de piété,» comme les appelle le Cardinal Ratzinger — dit-elle que le Saint-Père «il priait pour les âmes des cadavres qu'il trouvait sur son chemin» (cadaveres en portugais)? A travers l'histoire du salut, on parle des «âmes des morts ou des défunts» comme dans le Credo (… résurrection des morts ...). C'est seulement dans l'Ancien Testament que l'on peut trouver le terme «cadavre» et on le trouve dans le contexte d'apostats ou d'âmes perdues.
Il est étrange également, dans le contexte du Premier et du Second Secret, que la voyante parle d'«un Evêque vêtu de Blanc» alors que les événements de 1939 furent nettement prophétisés avec les termes «Pape» et même son nom: Pie XI — «un Evêque vêtu de Blanc» pourrait être l'Abbé de Brixen dans le Tyrol du Sud, n'importe quel évêque des tropiques, ou un imposteur à Rome qui se fait passer pour le Pape — comme le prétendent les sedevacantistes. Nous ne pouvons et ne devons pas risquer une réponse, mais l'expression «un Evêque vêtu de Blanc» est étrangement vague dans le contexte historique de tous les événements depuis 1917.
Il y aura plus à dire à ce sujet dans la conclusion de ce chapitre. Pour le moment nous continuerons comme si le texte publié était authentique.
L'interprétation du «Secret»
A - La Lettre du Pape à Sœur Lucie
Dans cette lettre, en date du 19 avril 2000, citée dans TMF (p. 27), le Pape dit:
Au cours du jour attendu de, la béatification de François et Jacinthe, (13 mai 2000) que, si Dieu le veut, je proclamerai le 13 mai prochain.
Comme il n'y aura cependant pas de temps pour une rencontre mais seulement pour une brève salutation, j'ai expressément chargé Monseigneur Tarcisio Bertone, … Monseigneur Bertone, … vient en mon nom [sic] pour vous poser quelques questions sur l'interprétation de la «troisième partie du secret».
Nous en concluons que Sa Sainteté n'a pas le temps de converser avec Sœur Lucie. Le défenseur toujours vigilant du Pape Jean-Paul II pourrait objecter à cette conclusion en nous rappelant qu'il n'est pas en notre pouvoir de conseiller le Pape sur son emploi du temps, ni de contester ses décisions quant à la discipline et au gouvernement de l'Eglise, in rebus … quae ad disciplinam et regimen Ecclesiae … pertinent (D.S. 3060).
C'est assurément vrai. Mais nous sommes autorisés à poser une question évidente: pourquoi les conseillers et assistants du Pape ont-ils mis au programme de Sa Sainteté de recevoir les Francs-Maçons de la Commission Trilatérale7, Mikhaël Gorbachev déjà cité, la Haute Loge Juive du B'nai B'rith8, de prêcher dans la chaire de l'Eglise Luthérienne de Rome9, de visiter la synagogue de Rome10, de rencontrer le «patriarche» bouddhiste Vasana Tara11, le Dalaï Lama12, Yasser Arafat13, et pourquoi ont-ils permis au Patriarche Dimitrios I de Constantinople14, schismatique et hérétique, de se tenir près de lui à la loggia papale de la Basilique Saint-Pierre de Rome (!), mais ne pourraient-ils pas réussir à programmer du temps pour que le Pape converse avec la messagère personnelle et peut être la plus importante de tous les messagers de Notre-Dame de ce siècle?
Nous ne connaissons pas la réponse et ne pouvons risquer de la donner, mais la relation théologique avec la dégradation du Troisième Secret par le Vatican est évidente.
B - «La conversation avec Sœur Lucie ...»
Ce compte-rendu non signé d'une prétendue conversation (en avril 2000) entre l'Archevêque Bertone et Sœur Lucie, qui commence à la page 28 de TMF est un remarquable tissu de mensonge, probablement écrit par l'Archevêque Bertone lui-même. Comme l'a justement fait remarquer le Père Paul Kramer, non seulement Monseigneur Bertone a omis de demander à Sœur Lucie si la Consécration de la Russie avait été faite, mais encore il juxtapose deux déclarations logiquement séparées, c'est-à-dire l'affirmation de Sœur Lucie que la silhouette en blanc était un Pape dont, pourtant, elle ne connaît pas le nom (!) et son accord avec la déclaration du Pape que ce fut «une main maternelle qui guida la trajectoire du projectile» le 13 mai 1981.15
Il y a eu beaucoup de coïncidences plutôt étranges — ou bien était-ce la Providence? — dans l'attentat d'Ali Agça, pour considérer une digression non théologique:
- Pourquoi le pistolet s'est-il bloqué après le troisième coup? Il n'est pas rare pour un pistolet semi-automatique de se bloquer, mais il est presque impossible que la meilleure force de police d'Italie, les Carabinieri n'en aient pas trouvé la cause après des semaines d'examen microscopique dans leurs laboratoires. Etait-ce l'interférence de l'Ange Gardien? Ce serait hautement probable du point de vue théologique.
- Pourquoi Ali Agça n'a-t-il pas utilisé des balles avec pointe creuse ou les munitions Federal Hydra-Shok prêtes à l'usage qui auraient accompli son but d'assassiner le Pape? La plupart des sources déclarent que quelque organisation ou service secret était derrière l'attaque. Etaient-ils tous des amateurs?
- Pourquoi a-t-il choisi la Place Saint-Pierre et une petite arme à main, sans aucune chance d'échapper, pourquoi pas un fusil (facilement récupérable ensuite) et l'un des nombreux postes élevés autour de la Place Saint-Pierre, avec au moins une chance de s'esquiver. N'était-il qu'un fanatique muet?
Nous ne saurons probablement jamais de la vie la vérité au sujet de ce jour là, mais nous savons bien la vérité que cette tentative d'assassiner le Pape n'a rien à voir avec le Troisième Secret, parce qu'il n'a pas été tué. L'événement fut tragique, mais il a coûté au Pape moins d'un an de pleine activité — sur plus de vingt. C'est une insulte à la Divine Providence et à Notre-Dame de déclarer que cet événement, relativement peu important, serait au Cœur d'une prophétie sur l'Enfer, deux Guerres Mondiales, le Communisme et le châtiment encore à venir.
Il nous faut demander enfin: pourquoi l'incident de 1981 serait-il mieux compris après 1960, comme a dit Sœur Lucie à propos du Troisième Secret? N'importe qui au 20ème siècle l'aurait compris comme nous. La génération qui avait combattu dans la Seconde Guerre Mondiale et en Corée aurait-elle mieux compris le rôle des soldats dans cette vision seulement après 1960? L'insistance de Sœur Lucie sur la révélation en l'an 1960, puisque «Notre-Dame le veut ainsi,» peut seulement signifier que Lucie savait qu'il allait se passer quelque chose vers 1960, ou peu après, qui rendrait le Secret nettement compréhensible comme prophétie d'événements futurs. Il est clair que le Secret n'a pas de rapport avec l'assassinat du Président Kennedy, mais que dire de l'encyclique Pacem in terris de Jean XXIII publiée en 1963 ou de Vatican II qui fut ouvert en 1962, mais annoncé le 25 janvier 1959?
C - «L'annonce faite par le Cardinal Angelo Sodano ...»
La duperie continue quand le Secrétaire d'Etat déclare que le texte du Troisième Secret doit être interprété avec «la clé de lecture du texte ne peut que revêtir un caractère symbolique» (TMF, p. 30). Le but de cette suggestion devient évident quand le Cardinal Sodano dénature la vraie vision en disant: «Lui aussi, (le Pape) tombe à terre comme mort.» Comme nous en avons discuté dans un chapitre précédent, les mots «comme mort» sont exactement le contraire du mot de Sœur Lucie: «tué.»
Ensuite, le Message est relégué dans le passé, soit en soulignant l'événement de 1981, soit par la déclaration ridicule que 1989 mettait fin au communisme et à l'expansion de l'athéisme. Dans les numéros du Fatima Crusader, on a suffisamment traité de la «glasnost» et de la «perestroïka» de Gorbachev pour qu'il soit nécessaire de retracer ici ces analyses. Cependant, il est juste de voir que le Secrétaire d'Etat ne se refuse pas à utiliser un mensonge vieux d'une décennie pour démonter un message venant de Notre-Dame.
D - «Le Commentaire Théologique» du Cardinal Ratzinger
i) Coup bas en introduction
La troisième ligne même de ce Commentaire (TMF, p. 32) contient déjà la déclaration que le «prétendu troisième “secret” de Fatima» a été «publié ci-joint dans son intégralité»! Ce mensonge est répété plus loin (TMF, p. 40). L'article cité de Andrew Cesanek fournit la preuve suffisante que c'est un mensonge (voir chapitre suivant). Nous traiterons de cette duperie en conclusion de ce chapitre.
La déclaration suivante est cynique, c'est le moins qu'on puisse dire:
Aucun grand mystère n'est révélé; le voile de l'avenir n'est pas déchiré. Nous voyons l'Eglise des martyrs du siècle qui s'achève représentée à travers une scène décrite dans un langage symbolique difficile à déchiffrer16.
En premier lieu, si aucun grand mystère n'est révélé, alors pourquoi Notre-Dame a-t-Elle pris la peine d'en faire un secret? Il est possible — comme nous le verrons plus tard — que l'avenir soit révélé dans l'autre partie du Troisième Secret qui nous a évidemment été dissimulée, la partie qui contient les paroles de Notre-Dame à la suite de «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» En tout cas, déclarer que la vision de soldats tirant le Pape à coups de fusil est simplement un symbole du passé, surtout dans le contexte des messages exceptionnellement clairs du reste du Message de Fatima, c'est absurde.
En comparaison de la plupart des prophéties — on pense aux difficultés d'interpréter l'Apocalypse — les secrets de Fatima, en vérité, sont d'une clarté exceptionnelle et sans détour; pourquoi le Troisième Secret serait-il «symbolique et difficile à déchiffrer?» Pourquoi le Vingtième siècle finirait-il en mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf?
Dans l'année 1900, le Kaiser Guillaume II d'Allemagne décréta que c'était le début du Vingtième Siècle, ce qui est mathématiquement impossible. Il semblerait que les mathématiques du Cardinal Ratzinger, ainsi que sa théologie, dépende de l'autorité et non de la vérité. Dire cela n'est pas s'engager dans une «polémique à bon marché» à la lumière d'un changement de mentalité plutôt remarquable entre 1984 et 2000. En 1984, en discutant le contenu du Troisième Secret, le Cardinal Ratzinger a parlé des «derniers temps» et de «prophétie religieuse» et a dit:
«... mais les choses contenues dans ce troisième secret correspondent à ce qui est annoncé dans la Sainte Ecriture et sont confirmées par beaucoup d'autres apparitions mariales dont on connaît le contenu17.»
La déclaration de 1984 du Cardinal Ratzinger est en contradiction directe avec sa dénaturation du Troisième Secret dans TMF. Le Père Paul Kramer18 rassemble les messages marials les plus importants sur ce point dans les autres apparitions mariales. Elles sont absolument effrayantes et certainement — au moins dans une partie de la prophétie — prédisent des événements encore à venir.
Nous sommes encore une fois face à la même teneur fondamentale de la publication entière, qui est profondément malhonnête en essayant de minimiser le Troisième Secret en une prédiction insignifiante d'un attentat manque à la vie du Saint-Père. Peut-on taxer «d'insignifiante» prédiction l'attentat manque à la vie du Saint-Père? Oui! Nous l'avons déjà dit et c'est la vérité: l'attentat a échoué et même si le Pape avait été tué, cela n'aurait eu rien à voir avec le Troisième Secret. En dialecte romain, on dit: «Morto un Papa, se ne fa un'altro»: à la mort d'un Pape, on en fait un autre.
Une autre question surgit: pourquoi personne au Vatican ne s'est-il inquiété de suggérer que le Troisième Secret puisse traiter de la mort prématurée du Pape Jean-Paul I? Etait-il un personnage totalement insignifiant? Aucun Pape ne l'est, mais Dieu n'a jamais su l'avenir. Il sait. L'attentat manque à la vie d'un Pape est en vérité «sans grand mystère,» selon la formule habile du Cardinal Ratzinger, mais la réelle — et tout à fait mystérieuse — mort d'un Pape a été opportunément oubliée.
La prophétie et les commentaires des trois voyants ont expliqué abondamment «que le Saint-Père aura beaucoup à souffrir.» Dans le contexte de deux guerres mondiales et — comme nous verrons — bien pire, c'est frôler l'idolâtrie que de hausser l'importance d'un Pape au point de faire de quelques mois d'hôpital le Troisième Secret. Ce que le Pape eut à souffrir à l'hôpital Gemelli de Rome est quelque chose qu'on ne souhaiterait même pas examiner. Cependant, avec la médecine d'aujourd'hui, la souffrance du Pape, à ce moment-là, n'est même pas comparable au destin du simple prêtre dans les camps de concentration nazis — pour ne pas mentionner le sort de beaucoup d'autres prêtres et évêques derrière le Rideau de Fer.
Le plus fort de tout: si le Troisième Secret prédit seulement qu'un Pape survivra à une tentative d'assassinat, alors pourquoi le Cardinal Ratzinger a-t-il dit en 1984 que si le Secret n'avait pas été révélé, c'était pour éviter «de confondre la prophétie religieuse avec le sensationnalisme»? Quoi de sensationnel en 1984 sur une prophétie concernant une tentative d'assassinat manquée qui avait eu lieu trois ans plus tôt? Evidemment rien. Pour le point à lui seul, la flagrante contradiction du Cardinal Ratzinger par rapport à son propre témoignage précédent, est fatale à sa crédibilité. Sa version actuelle du Troisième Secret est ce que les hommes de loi appellent une invention récente. Le contenu «sensationnel» qu'il avait à l'esprit en 1984 n'aurait absolument pas pu être l'attentat de 1981.
ii) Révélations publiques et privées
C'est avec intention que le Cardinal Ratzinger place tout le phénomène de Fatima dans le contexte des «révélations privées» — on devrait les appeler soit «du trucage» soit «de l'extraordinaire,» suivant leur degré d'authenticité. Le Cardinal Ratzinger déclare que le Message de Fatima, comme toutes «les révélations privées,» reconnues comme authentiques par les autorités de l'Eglise, «peut être une aide valable pour comprendre et mieux vivre l'Evangile à l'heure actuelle; c'est pourquoi il ne doit pas être négligé. Il est une aide qui est offerte, mais dont il n'est nullement obligatoire de faire usage.» En d'autres termes, selon le Cardinal Ratzinger, nul dans l'Eglise n'est obligé de suivre le Message de Fatima — ni le Pape, ni les évêques, ni les prêtres, ni les membres du laïcat. Fatima — avec la Consécration de la Russie et la dévotion des Cinq Premiers Samedis du mois — est purement optionnel. Si nous préférons, nous pouvons simplement l'ignorer complètement — comme si le Miracle du Soleil ne s'était jamais produit; comme si les requêtes de Notre-Dame de Fatima avaient été faites par un fantôme! Fatima est une simple «aide» que nous pouvons prendre ou laisser à notre gré.
L'un des Papes les plus érudits de l'histoire, Benoît XIV, dit avec raison que ces révélations ne peuvent être retenues avec l'assentiment de la Foi, mais avec «plutôt un assentiment de foi humaine conforme aux règles de la prudence, qui nous les présentent comme probables et crédibles dans un esprit de piété»: mais la citation du Pape Benoit XIV par le Cardinal Ratzinger ignore assez habilement ce qui est si extraordinaire à Fatima et ce qui sort Fatima de la catégorie des autres révélations «privées»: le Miracle incroyable du soleil qui prouve que Fatima est un peu plus que justement «crédible pour la piété.»
Le Cardinal Ratzinger prend cette approche, semble-t-il, pour toutes les révélations extraordinaires des deux siècles passés. Par exemple, il réduit les révélations extraordinaires au sujet de la Fête-Dieu et du Sacré Cœur à Sainte Marguerite-Marie Alacoque, à un événement qui a eu simplement un «effet dans la liturgie elle-même.» Cela frise le blasphème quand on considère le destin de la France après le refus impertinent et désastreux de Louis XIV et de ses deux successeurs, d'obéir à la requête du Christ pour la Consécration de la France au Sacré Cœur, transmise à Sainte Marguerite Marie dans les mêmes révélations «privées19.»
La conception erronée de la prophétie chez le Cardinal Ratzinger est scandaleusement nette dans la déclaration suivante:
… il convient de tenir compte du fait que la prophétie, au sens biblique, ne signifie pas prédire l'avenir, mais expliquer la volonté de Dieu pour le présent, et donc montrer la voie droite vers l'avenir. Celui qui prédit l'avenir satisfait à la curiosité de la raison, qui désire ouvrir le voile de l'avenir.
C'est l'équivalent d'un déni de toute prophétie, communément appelée l'une des plus hautes de toutes les grâces généreusement accordées, les gratiae gratis datae. La prophétie implique souvent l'interprétation correcte du passé et du présent, mais en tant que telle, est comprise comme une prédiction de l'avenir. Ou bien Isaïe, David, le Christ et Saint Paul «ont répondu à la curiosité de l'esprit» et les Pères de l'Eglise et de nombreux Docteurs de l'Eglise ont simplement voulu «ôter le voile du futur,» ou bien le Cardinal Ratzinger a encore tort. Peut-on vous laisser la réponse?
Le Cardinal Ratzinger réduit la prophétie aux «signes des temps,» peut-être parce qu'il omet de voir les signes réels des temps, c'est-à-dire: les églises vides, l'hérésie, l'apostasie, le blasphème, la perversion sexuelle et l'impureté, le néo-paganisme et en fait, un total désaccord entre beaucoup d'évêques et de prêtres sur n'importe quoi dans l'Eglise Catholique. Le seul point d'accord parmi les pouvoirs dirigeants du Vatican, c'est la haine de la théologie catholique traditionnelle, qu'ils méprisent, en même temps que toute l'idée de la conversion de la Russie à la Foi Catholique, encore une fois, le conflit même de visions ecclésiales d'où est venu le crime que nous discutons ici.
Le Cardinal Ratzinger doit prétendre que ces vrais signes des temps n'ont rien à voir avec cet événement connu sous le nom du Concile Vatican II, où il est proclamé que le Saint-Esprit est venu pour la seconde fois. C'est évidemment faux, comme nous pouvons le voir d'après les fruits amers du Concile.
Alors qu'on peut nous traiter de «polémistes,» à la lumière de l'enseignement de l'Eglise sur la prophétie et l'importance que Saint Paul (suivant l'exemple du Christ!) et les Pères de l'Eglise ont attribué à ce Don Divin, la déclaration du Cardinal Ratzinger est à la limite du blasphème et de l'hérésie, c'est le moins qu'on puisse dire. Tout réduire, entre les Psaumes et Saint Jean Bosco ou Fatima à une «manière de répondre à la curiosité de l'esprit» équivaut à déclarer la Sainte Ecriture, les Pères de l'Eglise, la Tradition et presque toutes les révélations de l'avenir à une sorte de Presse cléricale Arc-en-Ciel, au niveau de publication le plus bas, à la caisse du supermarché local. L'implication que les prédictions d'avenir dans les prophéties divines sont de simples objets de vaine curiosité humaine, est une insulte à Dieu et aux Saints et cela ne peut jamais être pris à la légère.
A la page 38 de TMF, de nouveau, le Cardinal Ratzinger fait référence à la minimisation du sens de la vision par le Cardinal Sodano!
[les visions] «ne décrivent pas de manière photographique les détails des événements à venir, mais résument et condensent sur un même arrière-plan des faits qui se répartissent dans le temps en une succession et une durée qui ne sont pas précisées».
Que tous ces événements soient dans le passé et sans grand mystère, c'est ici le message évident de ces éminents Cardinaux.
iii) - «L'essai d'interprétation ...» du Cardinal Ratzinger
La première question qui se pose ici concerne la surprise du Cardinal Ratzinger. Dans TMF (page 39), il déclare que le Message de la Vierge indiquant la dévotion à Son Cœur Immaculé comme voie du salut est surprenant pour «des personnes provenant de l'ère culturelle anglo-saxonne et allemande.» Pourquoi le Cardinal Ratzinger dit-il cela? Les Anglais et les Allemands sont-ils trop ignorants pour avoir entendu parler du Sacré Cœur,20 de Sainte Marguerite Marie Alacoque et de Saint Philippe Beniti, sans parler de Pape Léon XIII, ou sont-ils trop intelligents pour tomber dans un tel romantisme italien ou espagnol? L'Allemand sérieux dit-il à sa amie: «Je t'aime de toute ma tête»? ou un Anglais décidé communiquerait-il sa passion par une sèche référence à sa faculté de la volonté? Quel est le but de déclarations si ridicules? La réponse peut résider dans les lignes qui suivent cette incompréhensible «surprise» parmi d'autres du Cardinal.
«La tentative d'interpréter le “secret” de Fatima» entreprise par le Cardinal Ratzinger est un échec total à interpréter ce qui, de toute façon, n'est pas le secret en tant que tel, puisque celui-ci n'a pas été révélé, mais il réussit à discréditer rien moins que l'Immaculé Conception Elle-Même. Cet éminent prince de l'Eglise semble avoir oublié que, en apparaissant à Lourdes, Elle ne S'est pas présentée comme «Conçue Immaculément,» mais Elle a dit plutôt «Je suis l'Immaculée Conception.» Seulement Elle, parmi toutes les simples créatures, a été conçue à jamais sans le Péché Originel et n'a jamais commis un péché. Seulement, Son cœur — la troisième faculté de l'âme, non l'organe interne, mais le cœur que Saint Thomas d'Aquin appelle le sensus communis — est par conséquent le Cœur Immaculé. Le Cardinal Ratzinger ne se refuse pas à élargir ce terme, réservé à la Mère de Dieu, pour inclure tout «cœur qui, à partir de Dieu, est parvenu à une parfaite unité intérieure et donc “voit Dieu”.» Il n'a même pas honte d'abuser de l'Evangile pour son interprétation en citant Matthieu 5:8, qui dit seulement: «Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.» Le Christ parle des purs de cœur, et non de «parfaite unité intérieure» et certainement pas du seul Cœur Immaculé. Si nous suivons ce déni implicite de l'exclusivité du Cœur Immaculé, en l'attribuant à tous ceux qui sont «purs de cœur,» alors nous pourrions aussi bien arriver à la conclusion logique que tous les prêtres ont un cœur sacré, puisqu'ils sont consacrés alter Christus (un autre Christ), ce qui pourrait expliquer leur titre latin de Révérendus (être révéré). Mais dire que tous les prêtres ont un cœur sacré serait blasphématoire, et c'est exactement ce qu'on devrait penser de la minimisation du Cœur Immaculé par le Cardinal Ratzinger.
Même l'objection «typiquement protestante» «que nous ne devrions pas placer un être humain entre nous-mêmes et le Christ» trouve une réponse chez le Cardinal Ratzinger qui apparemment ignore Notre-Dame: il cite l'exhortation de Saint Paul à «l'imiter,» au lieu d'expliquer que c'était Notre-Seigneur Lui-Même qui plaçait, entre Lui-Même et nous, un simple être humain en faisant de Sa Mère la Médiatrice de toutes grâces!
En examinant les seules images de la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc,» le Cardinal Ratzinger dit:
De cette manière est soulignée l'importance de la liberté de l'homme: l'avenir n'est absolument pas déterminé de manière immuable, et l'image que les enfants ont vue n'est nullement un film d'anticipation de l'avenir, auquel rien ne pourrait être changé21.
C'est encore le déni de la prophétie: les enfants n'ont pas eu une vision entièrement conditionnelle. Notre-Dame a nettement distingué l'avenir inchangeable des conséquences qui surviendraient si on ne tenait pas compte de Ses demandes. Déclarer comme changeable le véritable avenir en tant que tel, quoi qu'il arrive en fait, c'est contre l'enseignement de l'Eglise sur la Divine Providence et la Prédestination. Le plan éternel de la Divine Providence est immuable parce que Dieu est immuable et rien ne peut arriver indépendamment de la Providence22. Dans Sa Divine Sagesse, Dieu connaît tout l'avenir, qui est, donc, inchangeable, comme l'a enseigné avec autorité Vatican I. (D.S. 3003)
Si le Cardinal Ratzinger était bien conscient de ce qu'il dit, il serait hérétique au moins matériellement; s'il veut dire que nous pouvons changer l'avenir, en suivant la requête de Notre-Dame, alors sa conception de l'avenir est déviée. Si un homme décide de devenir prêtre plutôt que père de famille, il ne «change» pas son avenir, qui était décidé avant sa naissance; il a plutôt changé d'idée. La déclaration du Cardinal Ratzinger est soit l'expression d'un subjectiviste, soit d'un esprit hérétique. C'est ce dernier qui semble le cas, si nous considérons la déclaration: «Il n'existe pas de destin immuable23.»
La certitude subjective du Cardinal à nier toute sorte «d'image de film» (vu par les trois enfants de Fatima) montre qu'il semble se prendre pour le vrai prophète de Fatima — lui-même, et certainement pas Notre-Dame de Fatima.
Sœur Lucie enfin est discréditée comme voyante quand le Cardinal Ratzinger dit que la vision incorpore des images qu'elle «peut avoir vues dans les livres de piété24.» Cela équivaut à déclarer toute la vision comme produit de l'imagination et entre confortablement dans le plan de dissolution de Fatima «réduit à rien de plus que piété et platitudes catholiques du genre, impliquant des événements terminés dont on ne parle plus,» tels que dans son article, le Père Gruner, avec tant de justesse, dépeint le commentaire Bertone/Ratzinger25.
Comme nous en avons discuté dans un précédent chapitre, la dernière page de TMF déclare de nouveau que tout dans le Secret appartient au passé, y compris les mots de Notre-Dame: «Mon Cœur Immaculé triomphera,» dont le Cardinal enlève délibérément les mots: à la fin. Le Cardinal réduit tout Fatima au «fiat de Marie, la parole de Son Cœur, a changé l'histoire du monde26.» C'est évidemment une manière ridicule et maladroite d'éliminer entièrement Fatima de la scène.
iv) - Le Levain de Ratzinger
La tentative de démantèlement du Message de Fatima par le Cardinal Ratzinger sous le déguisement d'une «interprétation» savante rappelle l'une des admonitions de Notre-Seigneur à Ses disciples: «Attention, prenez garde au levain des Pharisiens et des Sadducéens.» (Mt. 16:6) Tout d'abord les disciples, qui étaient en train de manger du pain à ce moment-là, n'ont pas compris. Qu'est-ce que parler de levain dans le pain venait faire avec les Pharisiens? Bientôt cependant ils saisirent ce que voulait dire Notre-Seigneur: «alors, ils comprirent qu'Il n'avait pas recommandé de se méfier du levain du pain, mais de la doctrine des Pharisiens et des Sadducéens.» (Mt. 16:12)
Comme l'a expliqué l'Archevêque Alban Goodier, S.J. dans son commentaire classique sur ce passage de l'Ecriture, Notre-Seigneur enseignait à Ses disciples à être sur leurs gardes contre les subtilités des Pharisiens, qui étaient beaucoup plus dangereuses que toute opposition ouverte au Christ:
Ce n'était pas tellement leur opposition qu'Il craignait pour Les Siens, c'était leur subtilité (celle des Pharisiens). Auparavant, les Pharisiens l'avaient blâmé à cause de Ses Miracles et autres bonnes actions; Il savait que cela ne Lui enlèverait pas Ses amis. Or, ce matin, ils (les Pharisiens) étaient venus, avec une simplicité affectée, un air de désirer savoir la vérité, un intérêt appel à les prophètes, un zèle pour la tradition, un respect de la loi et de l'ordre et de l'obéissance aux pouvoirs en place. Et tout cela, Il le savait, affecterait vraisemblablement Les Siens, plus que toute hostilité ouverte. Comme le levain, à moins de vigilance, cela se répandrait parmi eux inconsciemment27.
La Vierge de Fatima, comme Notre-Seigneur Lui-Même, a été très directe dans Son Message. Mais le Cardinal Ratzinger, comme les Pharisiens d'autrefois, est plein de subtilités et de citations de l'Ecriture qui, habilement présentées, obscurcissent la simplicité de la vérité de Dieu. Et comme les Pharisiens, le Cardinal présente son obscurcissement avec grand étalage de respect pour la Messagère et le Message; mais sous l'apparence de respect gît un mépris finement déguisé. Au moment où le Cardinal se satisfait de son «tribut» pharisaïque à Fatima, il n'en reste plus rien. Pour lui, l'affaire est toute en subtilités — si subtile qu'elle s'évanouit.
Mais les apparitions de Fatima ne sont pas si subtiles. Elles furent données à des petits enfants qui ne savaient pas lire, pour l'édification et l'instruction des sages et des savants de ce monde, y compris les théologiens du Vatican. Ou bien Notre-Dame est apparue à Fatima ou bien Elle n'est pas apparue. Ou bien Elle a donné aux enfants un Message clair, facile à retenir et à répéter tout comme ils l'avaient entendu, ou Elle ne l'a pas fait. Ou bien Elle avait l'intention que ce Message soit passé au monde, ou bien Elle n'en avait pas l'intention. Ou bien Elle s'est assurée que Son Message serait précisément transmis ou bien Elle ne s'en est pas assurée. Ou bien, par le Miracle du Soleil, Elle a garanti au-delà de toute ombre de doute raisonnable que c'était Elle, en vérité, la Reine du Ciel et de la Terre, Qui est venue, Qui a parlé, Qui a donné des ordres, ou bien Elle ne l'a pas garanti. La réponse, dans tous les cas, est qu'Elle l'a fait, bien entendu, car Elle est la Mère de Dieu.
Comme les disciples dans leur rencontre avec les Pharisiens, nous devons être sur nos gardes contre les subtilités pharisaïques qui se sont répandues comme un levain empoisonné à travers toute l'Eglise, au cours des quarante dernières années. Or, ce dernier levain actuel des Pharisiens cherche à pénétrer le Message de Fatima, puisque le Cardinal Ratzinger nous dit que tout cœur peut être semblable au Cœur Immaculé et que «A la fin, Mon Cœur Immaculé triomphera» signifie l'Annonciation d'il y a 2 000 ans. Les Pharisiens d'autrefois étaient dangereux, précisément parce qu'ils semblaient avoir un respect authentique pour la vérité. Aujourd'hui un respect simulé pour le Message de Fatima cache ses opposants les plus déterminés.
Conclusion
Dans l'un des événements plus étrange d'une Eglise post-conciliaire déjà très étrange, nous nous trouvons face à bon nombre de questions qui surgissent de commentaires non-orthodoxes fournis par le Cardinal Ratzinger et Monseigneur Bertone, à propos de la vision du Troisième Secret:
-
Pourquoi les paroles réelles de Notre-Dame, le vrai Troisième Secret, noté sur une simple feuille et — très probablement encore dans le coffre-fort du Pape sont-elles cachées au public, et même niées?
- Pourquoi la vision publiée, qui traite évidemment du meurtre d'un Pape à l'avenir, est-elle associée à l'attentat du Pape de 1981 qui a échoué?
- Pourquoi répéter le mensonge que la Consécration de la Russie a été faite?
- Pourquoi la déclaration absurde que «la décision du Pape Jean-Paul II de rendre publique la troisième partie du “secret” de Fatima conclut une période de l'histoire, marquée par de tragiques volontés humaines de puissance et d'iniquité»?
- Pourquoi les assistants et conseillers du Pape rendent-ils Sa Sainteté disponible pour des centaines de rencontres politiques mais ne trouvent pratiquement aucun temps pour Sœur Lucie?
- Pourquoi répéter le mensonge sur la chute du Communisme en 1989?28
- Pourquoi le Secret, longtemps dissimulé, est-il minimisé comme étant «aucun grand mystère» et réduit au symbolisme?
- Pourquoi nier la prédiction de l'avenir dans la prophétie?
- Pourquoi minimiser le Cœur Immaculé et le mettre à égalité avec «les purs de cœur»?
- Pourquoi nier que l'avenir est immuable et nier, en même temps la Providence de Dieu, au moins implicitement?
- Pourquoi minimiser la vision de Sœur Lucie en mentionnant «des livres de dévotion» comme source possible?
- Pourquoi les prélats omettent-ils d'expliquer la ligne «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.»?
- Quel est le but de publier en premier lieu la vision du Troisième Secret, alors que les paroles de Notre-Dame sont dissimulées et la vision réduite à rien?
La déposition apporte une seule réponse à toutes ces questions: toutes les fois que nous sommes face à un péché, un mensonge par exemple, il nous faut poser une question: Cui bono? — au profit de qui?
Les machinations et incohérences du Vatican sur le Troisième Secret et Fatima en tant que tel, ne peuvent être une comédie stupide jouée par quelques prélats qui s'ennuient. Il doit y avoir un but sérieux pour l'intervention de mensonges qu'on n'a pas grand peine à démasquer. Pourquoi risquer cette mise en scène, à moins d'un but important?
Comme il est évident que le Troisième Secret n'est pas truqué pour prédire des visions politiquement correctes ou avantageuses pour l'avenir, mais — au contraire — est réduit au passé et privé de toute importance, le seul but de tout l'acte de publication, doit être une déviation stratégique des paroles réelles de Notre-Dame: une vision et une prophétie sont transformées en duperie ou — comme il plaît de dire aux services de renseignements — gestion de perception.
Cette réponse n'est pas simple spéculation, loin de là. Toute pièce justificative dont nous avons discuté jusqu'à présent, y compris la vision elle-même du Troisième Secret et autres apparitions approuvées auxquelles s'est référé le Cardinal Ratzinger lui-même en 1984, mène à la conclusion que le vrai Troisième Secret doit être les paroles de Notre-Dame cachées au public et, peut-être, le texte authentique de la vision censément publiée.
Nous concluons ce chapitre par quelques questions supplémentaires soulevées par la déposition:
Pourquoi la presse internationale a-t-elle — le plus souvent sans commentaire ni objection — publié la «vision»? Habituellement ils sont très efficaces pour jeter le ridicule, le doute, la dénégation et la calomnie sur le sacré. Considérez simplement la réaction internationale à l'annonce par le Vatican de la béatification du Pape Pie IX. Nous admettons que ce n'est pas un argument strictement théologique. La considération de probabilité a, cependant, été acceptée par Saint Thomas d'Aquin dont le sens commun — comme le souligne G.K. Chesterton — «est le sens du probable.»
Pourquoi serait-on si sûr de l'authenticité du texte publié ou des affirmations «personnelles de Sœur Lucie» quant à leurs interprétations authentiques? Deux des plus hauts prélats du Vatican n'hésitent pas, dans leur «commentaire» commun, à déclarer que le Troisième Secret ne contient «aucun grand mystère.» Ils nous présentent une collection de déclarations absurdes et contradictoires qui vont de l'insulte à notre intelligence jusqu'aux limites du blasphème et de l'hérésie (pour dire le moindre).
En conséquence, peut-on être sûr que les lignes «de Sœur Lucie» ne sont pas le produit du software capable de reproduire l'écriture manuscrite et disponible pour moins de cent dollars? Et dans ce cas, qui serait autorisé à interroger Sœur Lucie sur la publication? Certainement aucun d'entre nous.
Ce n'est pas simple paranoïa, mais seulement doute prudent sur la fiabilité habituelle de personnes qui nous ont dit des mensonges démontrables. On n'est pas paranoïaque pour avoir des doutes à propos d'inconsistances et de contradictions avec soi-même.
Il ne peut y avoir beaucoup de raisons, s'il en est, pour dissimuler un message de Notre-Dame: il serait concevable que le message fût assez terrifiant pour causer la panique, comme la prophétie d'une catastrophe limitée localement, une inondation ou une attaque nucléaire. Ou le message pourrait être trop symbolique pour être compris, comme ce pourrait être le cas de quelques lignes de l'Apocalypse. Ou le message pourrait être explicite et clair, mais fort gênant pour ceux qui détiennent le pouvoir de le publier.
Il semble évident que les deux premières possibilités ne sont pas dans les caractéristiques de Fatima et de la plupart des apparitions mariales, ce qui nous mène à la troisième possibilité pour notre conclusion: le Vatican a quelque chose à cacher qui serait extrêmement gênant. Nous rappelons le témoignage du Père Joaquim Alonso qui pendant seize ans fut l'archiviste officiel de Fatima:
Il est donc tout à fait probable, écrit-il, que le texte [du troisième Secret] fasse des allusions concrètes à la crise de la foi de l'Eglise et à la négligence des pasteurs eux-mêmes (et aux) luttes intestines au sein de l'Eglise même et de graves négligences pastorales de la haute Hiérarchie29.
C'est absolument conforme à l'apparition et au message de Notre-Dame de La Salette en 1846, à l'apparition en 1634 de Notre-Dame de Bonne Fortune à Quito, et quelques autres. Et il est peut-être possible que nous connaissions le vrai texte du Troisième Secret. Voilà le récit fait il y a quelques années par un prêtre français apparemment fiable qui entendit un message surnaturel en écoutant un enregistrement dans une sorte d'Oratoire. Il déclare avoir entendu les lignes suivantes:
On programmera et préparera un mauvais concile qui changera le visage de l'Eglise. Beaucoup perdront la Foi et la confusion règnera partout. Les brebis chercheront en vain leur pasteur. Un schisme déchirera la tunique de Mon Fils. Ce sera la fin des temps, annoncée dans les Saintes Ecritures et rappelée par Moi à la mémoire en maints endroits. L'abomination des abominations atteindra son sommet et amènera le châtiment annoncé à La Salette. Le bras de Mon Fils, que Je ne pourrai plus retenir, punira ce pauvre monde qui doit expier ses crimes. On ne parlera plus que de guerres et de révolutions. Les éléments de la nature seront déchaînés et causeront de l'angoisse, même chez les meilleurs (les plus courageux). L'Eglise saignera de toutes Ses blessures. Heureux ceux qui persévéreront et chercheront refuge en Mon Cœur, parce que, à la fin, Mon Cœur Immaculé triomphera.
Bien sûr, il n'y a absolument aucune preuve de l'authenticité de ce texte. On ne doit pas déclarer que c'est le vrai Troisième Secret. Cependant, il signifie beaucoup plus que tout ce qui est contenu dans «l'interprétation» vaticane de la partie de la vision du Troisième Secret.
Les hérésies et l'apostasie à la suite de Vatican II sont d'une importance si tragique et si vaste que le sens commun exige de croire que c'est le Troisième Secret, ou une partie du Troisième Secret. Est-il possible que Notre-Dame ait su la fin de la Première Guerre Mondiale, le début de la Seconde Guerre Mondiale sous Pie XI, que la Russie répandrait ses erreurs, que la Russie serait l'instrument du châtiment, qu'un futur Pape serait tué par des soldats, mais rien sur les évolutions du cataclysme dans l'Eglise à partir de Vatican II, événement qui spirituellement fait pâlir d'insignifiance toutes les guerres? Nous avons déjà mentionné ces paroles prononcées par nul autre que le Pape Paul VI:
L'Eglise se trouve à une heure d'inquiétude, d'auto-critique, on pourrait même dire d'auto-destruction! C'est comme une révolution interne, aiguë et compliquée, à laquelle personne ne s'attendait après le Concile. (7 décembre 1968)
Il a aussi mentionné «la fumée de Satan» qui était entrée dans l'Eglise. Même le Pape Paul VI qui se trouvait au centre de la crise, a perçu le désastre jusqu'à un certain point. Est-il concevable que Notre-Dame de Fatima n'ait rien eu à dire à ce sujet, alors que d'autres apparitions approuvées, de l'aveu même du Cardinal Ratzinger, parlent de dangers pour la foi? Il est clair que c'est impossible!
Et donc, alors qu'il n'y a aucune preuve — nous le répétons — de l'authenticité du message cité ci-dessus que le prêtre français déclare avoir reçu, il n'y a dans ces lignes aucune alternative logique au Troisième Secret. Cela peut simplement signifier qu'il existe un texte appartenant au Troisième Secret que le Vatican doit encore révéler — un texte qui suit les mots sur le dogme de la Foi préservé au Portugal. Nous en discuterons dans le chapitre suivant.

Le Père Caillon a dit «Un ordre est venu de Rome obligeant tout le monde à dire et à penser: “La Consécration est faite. Le Pape ayant fait son possible, le Ciel a daigné agréer ce geste”.» C'est à cette époque (1988-89) que beaucoup d'oeuvres de Fatima qui avaient répété avec insistance que la Consécration de la Russie n'avait pas été faite, se sont mises à affirmer soudain que la Consécration de 1984 accomplissait les désirs du Ciel (voir pages 71 et 223).
Notes:
1. Entre 1986 et 1991, plusieurs Sanpietrini, gardes en uniforme de la Basilique Saint-Pierre de Rome ont annoncé directement au Père Gregorius Hesse (qui a travaillé des années au Vatican) que, presque après chaque Messe du Pape sur la place Saint-Pierre, on trouve des Hosties Consacrées sur le sol.
2. Seule peut plaire à Dieu une religion par laquelle on peut être sauvé, et il y en a une seule (ce qui est un Dogme de la Foi), donc le contraire est une hérésie et c'est aussi un blasphème, puisque Dieu, Qui est la Vérité, ne peut prendre à la légère la Vérité, donc déclarer le contraire est un blasphème.
3. The Fatima Crusader, n° 64, p. 115.
4. Ibid., pp. 54ff.
5. Ibid., p. 55.
6. Ibid., p. 18.
7. Daniel Le Roux, Petrus, liebst du mich? (Pierre-M'aimes-tu?), Stuttgart 1990, p. 110, publiée par Instauratio Press, Yarra Junction, Australie, 1988.
8. Ibid., p. 112.
9. Ibid., p. 127.
10. Ibid., p. 155.
11. Ibid., p. 172.
12. Ibid., p. 177.
13. Ibid., p. 236.
14. Ibid., p. 144.
15. The Fatima Crusader, n° 64, p. 31.
16. Joseph Cardinal Ratzinger «Commentaire Théologique» Le Message de Fatima (TMF), 26 juin 2000, p. 32.
17. The Fatima Crusader, n° 64, pp. 34f.
18. Ibid., pp. 115ff.
19. Voir Monseigneur Emile Bougaud, The Life of Saint Margaret Mary Alacoque (La Vie de Sainte-Marguerite Marie Alacoque) (publiée par Benzinger, 1890, republiée par TAN Books and Publishers, 1990), Chap. 14, «The Last Grand Revelation - The King of France, 1689 (la Dernière Grande Révélation - Le Roi de France, 1689).»
20. Au 13e siècle, Ste. Gertrude, allemande, fut un «Héraut du Sacré-Cœur.» Voir St. Gertrude the Great (Ste. Gertrude la Grande), publié par le Couvent Bénédictin du Clyde (Missouri), republié par TAN Books and Publishers en 1979, pp. 26ff. Nous ne comprenons donc pas pourquoi «le monde culturel allemand» trouverait étrange la Dévotion au Sacré-Cœur ou au Cœur Immaculé.
21. Joseph Cardinal Ratzinger, «Commentaire Théologique» Le Message de Fatima, 26 juin 2000, p. 41.
22. Sainte Thomas d'Aquin, Summa Theologiae (Somme Théologique), I.q.22, a.2.
23. Joseph Cardinal Ratzinger, «Commentaire Théologique» Le Message de Fatima, p. 42.
24. Ibid.
25. The Fatima Crusader, n° 64, p. 51.
26. Joseph Cardinal Ratzinger, «Commentaire Théologique» Le Message de Fatima, (TMF) 26 juin 2000, p. 44.
27. Archevêque Goodier, S.J., The Public Life of Our Lord Jesus Christ, Vol. I (La Vie Publique de Notre-Seigneur Jésus-Christ), (Burns Oates & Washbourne Ltd., London, Angleterre, 1932), p. 462.
28. Le Cardinal Sodano, le 13 mai 2000 a dit à Fatima dans son discours, «Les événements successifs de 1989, dans l'Union Soviétique ainsi que dans beaucoup de pays de l'Europe de l'Est, ont mené à la chute des régimes communistes qui ont milité pour l'athéisme.»
29. Le Père Joaquin Alonso, La Verdad Sobre el Secreto de Fatima (La Vérité sur le Secret de Fatima) (Centro Mariano, Madrid, Espagne 1976), p. 73. Dans Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 472. Voir aussi The Fatima Crusader, n° 64, p. 121.

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